Municipales 2026 - La montée en puissance du narcotrafic s’impose désormais comme un thème central de la campagne des élections municipales. De la gauche à la droite, les candidats rivalisent de propositions sécuritaires face à des trafics et des violences qui ne concernent plus seulement les grandes métropoles, mais touchent aussi des villes moyennes jusqu’ici épargnées.
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Fusillades, règlements de comptes, homicides : le sujet s’invite avec fracas dans le débat local. À mesure que les faits divers se multiplient, les prétendants aux fonctions municipales cherchent à convaincre un électorat inquiet, souvent en promettant un renforcement des effectifs ou un durcissement des dispositifs existants.
À Clermont-Ferrand, l’insécurité au cœur de la bataille municipale
À Clermont-Ferrand, la droite a fait du trafic de stupéfiants et, plus largement, de l’insécurité, un axe majeur de sa campagne. La ville, forte de 150.000 habitants, a été marquée en 2025 par plusieurs règlements de comptes liés au narcotrafic, ayant entraîné cinq homicides selon la préfecture. Une situation qui alimente la volonté de rupture affichée par l’opposition municipale.
Julien Bony, candidat LR, promet ainsi cent policiers municipaux supplémentaires. Il souhaite qu’ils soient armés, estimant qu’ils iront « au devant d’une plus grande violence » de la part de trafiquants qui, selon lui, « ne font pas la différence entre un policier municipal et un policier national ».
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Face à ces propositions, le maire socialiste sortant Olivier Bianchi, candidat à sa réélection, met en avant le renforcement déjà engagé des effectifs municipaux, passés de quarante à soixante-dix agents depuis 2014. Il défend cependant une autre approche, plaidant avant tout pour davantage d’«enquêteurs », « une justice avec des moyens et des prisons qui ne soient pas surpeuplées ».
Bordeaux, Brest : le narcotrafic gagne les villes réputées préservées
À Bordeaux, longtemps perçue comme relativement épargnée, une fusillade mortelle survenue fin décembre a profondément marqué la campagne municipale. Les candidats situés à la droite du maire écologiste sortant Pierre Hurmic insistent désormais sur la sécurité, prônant notamment une augmentation des effectifs de police municipale et leur armement généralisé.
À Brest, deuxième ville de Bretagne, le scrutin pourrait marquer un tournant. Après une opposition de longue date, François Cuillandre, maire PS depuis 2001, a promis la création d’une police municipale en cas de réélection pour un cinquième mandat. Il a justifié ce revirement en expliquant que le pays avait « changé », notamment avec la progression du narcotrafic.
L’élu a estimé que la mise en place d’une police municipale de proximité permettrait à la police nationale de se concentrer sur ses missions régaliennes, « notamment de lutter » contre les trafics.
Un enjeu national, entre prévention, répression et vigilance démocratique
Pour Amine Kessaci, militant écologiste et antidrogue marseillais, « la question du narcotrafic doit être la réponse numéro une dans les programmes » des candidats. Le jeune homme de 22 ans, dont les deux frères ont été assassinés, estime que le sujet n’est « pas assez » présent dans la campagne. Il souhaite créer après les élections une « association nationale des maires de France qui agissent contre le narcotrafic ».
Jérôme Durain, ex-sénateur socialiste et cosignataire de la proposition de loi contre le narcotrafic adoptée l’été dernier, affirme qu’il n’existe plus de « zones blanches » épargnées. Selon lui, la multiplication de phénomènes criminels inédits dans certains territoires « crée un sujet politique » pour les maires, confrontés aux attentes de leurs administrés.
Le risque de corruption des élus locaux est également évoqué. Le président de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques, Christian Charpy, appelle les candidats à la vigilance concernant le financement de leurs campagnes. Le maire, « premier officier chargé de la sécurité publique et de la tranquillité publique », peut constituer une cible de choix pour les réseaux criminels, même si aucune situation avérée n’a été identifiée à ce stade.
Les débats portent enfin sur les moyens techniques. À Lyon, le maire écologiste Grégory Doucet, initialement opposé aux caméras de surveillance, a revu sa position en 2024 et en promet davantage. À Besançon, Anne Vignot tempère, estimant que la lutte contre le narcotrafic « ne se joue pas à quelques caméras supplémentaires ». Elle plaide pour agir « à la racine », en ciblant les consommateurs par l’information et la prévention, notamment via l’ouverture d’une halte soins addictions. Son rival Ludovic Fagaut propose, lui, de s’appuyer sur la loi narcotrafic pour permettre l’expulsion de personnes impliquées dans ces réseaux.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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