Après un revers aux légis­la­tives, ce pilier de la majorité estro­siste lance une association politique dans la Plaine du Var et les vallées niçoises pour "proposer de vraies solutions aux gens", contre les populistes "de l'extrême gauche, et ceux de l'union Eric Ciotti-​Marine Le Pen".

Nice-​Presse. Votre défaite aux législatives a été assez lourde - 14% au premier tour - dans un territoire où vous étiez pourtant très présent. L'erreur, c'était de faire campagne sur les pistes cyclables et les cantines, alors que les Français ne s'intéressaient qu'à leur prochain gouvernement ?

Gaël Nofri : Oui, déjà, il y a une remise en cause person­nelle. On a voulu mener une campagne sur des sujets locaux, la proximité et les vraies réussites, alors que les électeurs ne s'intéressaient qu'au national. C'était une erreur, nous étions à côté de la plaque. Pour être honnête, sur le terrain, je n'ai pas entendu de critiques sur la politique municipale. Et pas de compli­ments. Ce n'était juste pas le sujet ! Je n'ai pas voulu, non plus, être le "candidat de la majorité présidentielle".

…et du coup, on n'a rien compris ! Pour les 3 candidats niçois soutenus par Christian Estrosi, l'idée était-​elle de refaire la même majorité, ou de lâcher le président Macron alors que certains soutenaient encore sa politique quelques jours auparavant ?

J'assume le fait d'avoir d'avoir défendu une candi­dature de droite, pas macro­niste. Je suis sorti de cette logique des trois blocs (celui de la gauche, du président, et du RN, NDLR), je l'ai sans doute payé, mais avec mes idées. La France est à droite. Le sujet, c'est d'éviter la fracture. Pas de se tatouer sur le torse "Emmanuel mon amour", ou "Jean-​Luc/​Jordan for ever". Il faut noter, au-​delà du fond, que sur la forme, cette campagne électorale a été nauséabonde.

Pourquoi ?

La candidate apparentée au Rassemblement national (Christelle d'Intorni, NDLR) a refusé le débat, a lancé des rumeurs lamen­tables, des accusa­tions menson­gères, de fausses infor­ma­tions… Elle a aussi entretenu une candi­dature dissi­dente pour m'empêcher. Patrice Benoît est un falabrac (un farfelu, NDLR), chacun le sait. Il s'est improvisé "candidat de la majorité prési­den­tielle" - ce qu'il n'est pas - et ses affiches se trouvaient bien diffusées, et placardées systé­ma­ti­quement à côté de celles de d'Intorni. Bizarre ! Résultat, il fait 10%, et me prive de second tour. Elle a lancé cette opération de déstabilisation.

Avec 10 points de plus, Christelle d'Intorni vous aurait distancé de 20. Elle aurait pu, même dans ce cas, gagner au premier tour…

Pas forcément, la gauche aurait pu se désister, et en duel contre moi, l'issue aurait été différente.

Vous avez annoncé un recours. À ce sujet ?

Non. Elle s'est, à de nombreuses reprises et sur diffé­rents supports, présentée comme la candidate des Républicains. C'était tromper les électeurs ! La prési­dente de la commission d'investiture des LR a été très claire : Michèle Tabarot n'a pas investi cette personne.

Cette cinquième circonscription a longtemps été le fief de Christian Estrosi. Qu'elle soit remportée dès le premier tour par une candidate qui le critique avec autant de violence en permanence n'est pas à voir comme un revers ?

Non, l'enjeu était national. Déjà, aux européennes, le RN et Reconquête étaient très forts, et il n'y avait pas de symbole local.

Le camp Ciotti, qui a remporté les trois secteurs de Nice, en fait, lui, une lecture locale. Ça ne vous inquiète pas ?

Je ne vais pas vous dire que ça n'aurait pas été mieux de les remporter. Trois circons­crip­tions gagnées, c'est mieux que trois perdues. Certes. Mais ce n'est pas Ciotti ou ses candidats qui ont gagné quoi que ce soit. C'est leur alliance avec le RN. Les gens ont voulu renverser la table, mais c'est le contexte national. Je ne dis pas qu'il n'y pas de préoc­cu­pa­tions locales, je ne vais pas vous mentir.

Notre boulot, c'est de réussir ce qui a été lancé. Chacun nous jugera sur le bilan, sur l'image que l'on a donné de Nice. Et sur l'humain. Eric Ciotti est mal parti à ce niveau ! Il incar­nerait une ville nostal­gique, rabougrie, renfermée. À son image. Qui voudrait du dingue qui s'est enfermé dans son bureau pour échapper à ses amis LR ? Du dingue qui fait couper son téléphone à son chauffeur de peur d'être pisté par son GPS ? Du dingue qui joue à cache-​cache avec un huissier de justice ? 

Certains ont tiré à boulets rouges sur le ralliement de Ciotti avec le RN. Force est de constater qu'il n'a pas choqué les Niçois, et même qu'ils l'approuvent plutôt, non ?

Ses candidats ont fait leurs meilleurs scores dans les autres communes que Nice. Mais bon, nous savions que ça allait arriver. L'urgence est de recons­tituer une vraie droite, capable de s'adresser aux déses­pérés qui en viennent à se tourner vers le RN. 

Vous êtes donc déjà en campagne ?

Je suis en perma­nence sur le terrain, pour trouver des solutions avec les gens. Parfois, ça paie, parfois, non. Mais je lance une association, "Demain la 5e" pour struc­turer tout cela. L'idée est d'avoir des référents dans toutes les communes, et dans tous les quartiers, pour faire remonter les attentes et les diffi­cultés des uns et des autres. Nous ferons émerger dans les communes des vallées niçoises de nouvelles person­na­lités, qui ont envie de prendre les choses en main. Une grande réunion de rentrée est déjà prévue.

Les populistes, c'est qui ? C'est ceux qui disent oui à tout, même au pire, même à l'irréaliste, pour conquérir le pouvoir. Ils ne cherchent ni la concorde, ni le bien public. Est-​ce qu'on laisse les Français aux mains de ceux de l'extrême gauche LFI, ou de l'union Ciotti-​Le Pen ? Si on continue à ajouter du désordre au désordre, ce qui nous attend, c'est la guerre civile. Notre boulot, c'est de prouver que ces gens-​là n'incarnent pas les recours qui se présentent.

La zone commentaires n'est pas ouverte pour cet article.