Elle a fait une école de commerce à Nice en post-​bac, une maîtrise au Canada, un début de carrière à Paris… et à 27 ans, c'est l'heure de la recon­version. Camille Chatel est l'une des premières à s'être inscrite à 42, un réseau de "Grandes Écoles du numérique".

Pourquoi "42"? C'est un clin d'œil au roman le Guide du voyageur galac­tique, dans lequel ce chiffre semble être la réponse à toutes les questions que l'être humain se pose sur l'univers et sur la vie en général.

L'antenne niçoise vient d'ouvrir, et comme ses grandes soeurs à Paris, Lyon et Mulhouse, elle ne propose ni cours magis­traux, ni profes­seurs. Et il n'est pas néces­saire d'avoir un diplôme parti­culier pour être accepté dans cet ensei­gnement de pointe.

"J'étais très intriguée par le numérique, et c'est encore plus intéressant que ce que je pensais. Mais au-​delà de ça, j'ai pu faire beaucoup de rencontres grâce au peer-​to-​peer learning"

Le quoi ? Le travail de groupe ! C'est le maître-​mot de l'école, sa philo­sophie (qui est même inscrite sur à-​peu-​près tous les murs de ses grands locaux à Nice Méridia): le savoir n'est pas vertical à 42, ce sont les appre­nants entre eux qui doivent progresser. Et acquérir l'état d'esprit néces­saire pour s'adapter à tout.

école 42 Nice
Camille Chatel fait partie des premières inscrites de l'école 42 à Nice - Photo : © C.A. pour Nice-Presse

"Au début c'est difficile, je venais avec mon carnet de notes, je cherchais les cours" nous raconte Camille. "Alors il faut se lancer, ce n'est pas de la théorie. C'est perturbant pour ceux qui sont habitués au système scolaire, c'est très positif pour ceux qui ne s'y plaisaient pas…" 

"Au final, ça se fait naturel­lement ! certains sortent du lycée, d'autres ont déjà une très grande expérience dans l'informatique. On est obligés, si on veut avancer, d'aller vers nos camarades, de poser un maximum de questions".

Pour rejoindre le grand bain de l'enseignement à 42, il faut passer par les piscines, quatre semaines de sélec­tions inten­sives basées sur cette "émulation de groupe". 

Et elle ratissent large, ces piscines : de tous horizons, les inscrits de ce premier cru niçois ont entre 17 et 50 ans !

Pour encadrer tout ce petit monde (144 admis au 22 mars), l'école compte trois encadrants. De la sélection 100% en ligne jusqu'à la validation du "niveau 21" (l'accomplissement du parcours) en passant par les exams de fin de piscine, c'est eux qui sont chargés de guider ces futures pointes du codage infor­ma­tique, de la sécurité, des réseaux, de la data science et de tout un tas d'anglicismes propres à la nouvelle économie.

Alexandre Charbonnier, directeur pédagogique et technique 42 Nice
Alexandre Charbonnier, directeur pédago­gique et technique de 42 Nice (bien plus souriant que ça en vrai) - © Nice Presse

Après une période tronc commun, les étudiants appro­fon­dissent leurs savoirs pendant une période… variable. "C'est l'école qui s'adapte aux étudiants" explique Alexandre Charbonnier, le directeur pédago­gique et technique.

"Certains auront besoin de six mois, d'autres d'un an pour réussir telle ou telle étape. De même, d'autres travaillent et vont à l'école en même temps, alors l'enseignement reste flexible pour leur permettre de concilier tout ça". Les stages en entre­prise sont ainsi recom­mandés, mais pas obligatoires.

"On vient d'arriver et les entre­prises de la smart city Nice et son terri­toire nous solli­citent déjà. Nos étudiants sont attendus, il y a une vraie demande dans le Sud, un incroyable potentiel" Alexandre Charbonnier, directeur pédago de 42 Nice

Alexandre Charbonnier, directeur pédago de 42 Nice

La formation dure ainsi entre deux et cinq ans. Et ce n'est pas le niveau seul des étudiants qui est salué, "mais leur savoir-​être, leur esprit positif".

Mais pourquoi n'y a-​t-​il pas de prof à 42, contrai­rement aux autres écoles ? "Notre rôle d'encadrant est de leur donner des projets à réaliser, de stimuler l'émulation collective" poursuit Alexandre Charbonnier. "On le sait, les savoirs, eux, sont tous dispo­nibles sur Internet".

42 Nice proposera une inter­vention le 10 mars prochain pendant la semaine théma­tique dédiée aux droits des femmes organisée par la Métropole : leur accès aux postes les plus qualifiés du numérique repré­sentent l'un des combats de l'école.


3 questions à Rachid Abarki, président de 42 Nice

 Rachid Abarki - Président 42 Nice
Rachid Abarki, président enthou­siaste de 42 Nice, le 10 février 2021. Photo : © Nice-Presse

Interview réalisée par Manon Paranka

1 Beaucoup consi­dèrent 42 comme une école d'excellence. En quoi y avoir été formé présente-​t-​il un plus sur son CV ?

En matière d'insertion profes­sion­nelle, 100% des personnes qui sortent de chez nous ont un emploi dans les deux à trois années qui suivent. Le label 42 est opéra­tionnel et reconnu parmi toutes les entre­prises. Nous créons des projets avec les acteurs locaux, nous bâtissons des relations avec le tissu écono­mique de la région, ce qui nous permet de proposer des oppor­tu­nités à nos étudiants.

2 Pourquoi avoir choisi de venir à Nice ?

Les grands groupes ont souvent des struc­tures dans le Sud, que ce soit à Nice, Sophia Antipolis, Aix ou Marseille, parce qu'ils ont de plus en plus besoin de déporter leurs unités de production et leurs ressources hors de la capitale.

Ensuite, nous avons beaucoup été solli­cités par les entre­prises qui, à chaque fois, avaient besoin de profils sur ces métiers-​là. Les dernières études estiment encore entre 70.000 et 100.000 postes vacants dans le secteur de la nouvelle économie. L'informatique et la program­mation sont devenus des éléments primor­diaux pour toutes les entre­prises, et encore plus en temps de Covid.

"Jusqu'à présent, les entre­prises du Sud allaient chercher des profils qualifiés sur Paris ou Lyon puis devaient les faire venir ici" Rachid Abarki, président de 42 Nice

Rachid Abarki, président de 42 Nice

Notre objectif est d'être au plus près des acteurs écono­miques, près des pôles de compé­tences et d'expertise qui néces­sitent les profils que nous formons.

Nice et ses alentours possèdent ces pôles et ces besoins. L'école va couvrir toute la région Sud : cette ville nous permet d'être au centre d'un carrefour d'activité reliant aussi bien la Paca que Monaco, l'Italie et même la Suisse.

3 Comment avez-​vous été aidés dans votre instal­lation à Nice par les acteurs publics ?

Que ce soit en permettant un support logis­tique, en mettant à dispo­sition les locaux, en nous accom­pa­gnant en matière d'implantation, mais aussi en nous soutenant finan­ciè­rement, Pôle Emploi, la Région Sud et la Métropole Nice Côte d'Azur ont été des moteurs dans la mise en place et l'accompagnement de ce projet. Je les en remercie !

42 Nice : les dates clés
Piscine en cours : du 8 février au 5 mars 2021
Prochaine rentrée : le 22 mars 2021
Inauguration : le 31 mars 2021 à 14h30
450 étudiants sur 3 ans

Réagissez