Après deux années très difficiles, la construction neuve montre des signes de reprise en 2025. Les permis de construire repartent à la hausse, tout comme les mises en chantier, sans toutefois retrouver les niveaux d’avant-crise. Derrière ce léger mieux, le secteur reste fragilisé, en particulier pour la maison individuelle, tandis que le logement collectif résiste davantage.
Un frémissement, enfin ! Après une période de net ralentissement, les indicateurs de la construction neuve se redressent progressivement. En 2025, 379.222 permis de construire ont été accordés pour des logements, selon une première estimation du ministère de la Ville et du Logement publiée vendredi. Cela représente une hausse de 15% par rapport à 2024, marquant un changement de tendance attendu par l’ensemble de la filière.
Cette progression reste toutefois relative. Le volume de permis délivrés demeure 8,8% inférieur à la moyenne observée sur les cinq années précédentes. Autrement dit, la reprise est réelle mais encore incomplète, dans un contexte où la construction neuve sort péniblement d’une crise profonde.
Permis de construire et mises en chantier repartent doucement à la hausse
Du côté des chantiers effectivement lancés, les chiffres suivent la même trajectoire. En 2025, 274.611 logements ont vu leur construction démarrer, soit une augmentation de 5% sur un an. Là encore, le niveau reste très en retrait par rapport à la période de référence 2019-2024, avec un écart de 21,3% en moins.
Le ministère de la Ville et du Logement invite par ailleurs à la prudence dans l’interprétation de ces résultats. Les données restent provisoires, le taux de collecte des informations sur les mises en chantier n’atteignant que 65,7%. Des ajustements sont donc encore possibles dans les mois à venir.
Maisons individuelles à la peine, logement collectif plus résilient ?
Dans le détail, la reprise est très inégale selon les types de logements. Les maisons individuelles restent particulièrement touchées. En 2025, 132.819 d’entre elles ont obtenu un permis de construire, un chiffre jugé toujours très bas, soit 29,1% en dessous de la moyenne quinquennale.
À l’inverse, le logement collectif montre des signes plus encourageants. Avec 246.403 logements autorisés, ce segment se rapproche du niveau moyen observé entre 2019 et 2024. Le Service des données et études statistiques du gouvernement explique ce résultat « par un niveau plus bas des autorisations de logements collectifs ordinaires, tandis que les logements en résidence sont plus hauts que la tendance à moyen terme ».
En excluant les résidences destinées aux personnes âgées, aux étudiants, aux personnes handicapées ou aux touristes, le nombre de logements collectifs autorisés reste néanmoins 2,7% en dessous de la moyenne sur cinq ans. Un équilibre fragile, donc, porté en partie par des programmes spécifiques.
Un sursaut en fin d’année, mais un contexte toujours contraint
Le mois de décembre a apporté une note plus positive. 32.381 logements ont été autorisés sur cette seule période, en hausse de 6,9% par rapport à novembre. Le ministère souligne toutefois que « malgré ce sursaut de fin d’année, l’activité du second semestre reste moins dynamique que celle du premier, marqué par de fortes progressions (…), après deux années défavorables ».
La construction neuve reste en effet confrontée à une crise sévère depuis trois ans. L’augmentation des coûts de construction, combinée à la hausse des taux d’intérêt, a fortement freiné les projets immobiliers de nombreux ménages. À cela s’ajoute la fin de plusieurs dispositifs de soutien à l’investissement locatif, dont le Pinel, qui a contribué à éloigner une partie des investisseurs particuliers.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP







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