L’immobilier de prestige a affiché une santé insolente durant l’année 2025, déjouant les pronostics les plus prudents malgré un contexte de fortes tensions politiques et fiscales. Porté par l’explosion du nombre d’ultra-riches à travers le monde, le secteur enregistre des volumes de ventes records, particulièrement sur le segment des biens d’exception où la pierre consolide son statut de valeur refuge face à l’instabilité globale.
Le luxe ne connaît pas la crise et semble même se nourrir des incertitudes du siècle ! Contre toute attente, les réseaux spécialisés dans la transaction de haut vol terminent l’exercice 2025 sur des performances historiques.
Chez Sotheby’s International Realty, le bilan pour la France et Monaco frôle le seuil des 2 milliards d’euros de ventes, marquant une progression spectaculaire de 40 % en un an. Cette dynamique se retrouve chez Barnes, dont le chiffre d’affaires surclasse de 22 % celui de l’année précédente. Pour les observateurs du secteur, cette reprise après deux années de repli est inédite et témoigne de la résilience d’une clientèle dotée de patrimoines considérables.
La pierre comme rempart contre l’instabilité mondiale
Cette euphorie surprend jusqu’aux dirigeants des grands réseaux, qui n’anticipaient pas une telle vigueur dans un climat géopolitique aussi dégradé. « Je m’attendais à des bons chiffres, mais pas si bons que ça », reconnaît Alexander Kraft, PDG de Sotheby’s pour la France et Monaco.
Selon lui, le marché a fait preuve d’une solidité constante sur l’ensemble de la planète, les acquéreurs ayant intégré la fragilité du monde contemporain comme une donnée structurelle. Dans cette optique, sécuriser sa fortune devient une priorité absolue. « L’immobilier de prestige reste la valeur refuge par excellence », abonde Thibault de Saint Vincent, président du groupe Barnes.
Une explosion du nombre de « ménages ultra-riches »
Le moteur de cette croissance réside dans la concentration croissante des richesses. Le rapport annuel de Barnes souligne une réalité frappante : le nombre d’individus disposant d’au moins 30 millions de dollars de patrimoine a bondi de 20 % en seulement douze mois. Ils sont désormais plus de 510 810 à travers le globe, une population qui croît sept fois plus vite que le reste des citoyens depuis vingt ans.
Si ces ultra-riches ne représentent qu’une infime fraction des millionnaires mondiaux, ils détiennent pourtant un tiers de la richesse totale de ce groupe. « C’est une vraie explosion », analyse Thibault de Saint Vincent, précisant que ce sont précisément ces 500 000 clients qui dictent désormais les tendances du marché haut de gamme.
L’attractivité persistante de la Côte d’Azur
L’activité est tirée par des propriétés dites exceptionnelles, situées dans des enclaves géographiques dont le prestige ne se dément pas. Les ménages les plus fortunés n’hésitent plus à décaisser des sommes colossales pour s’offrir « la crème de la crème » à New York ou sur la Côte d’Azur.
Le marché parisien conserve également ses faveurs, bénéficiant parfois d’effets de bord politiques inattendus, comme l’élection de Donald Trump qui a incité certains Américains à se tourner vers la capitale française. Toutefois, à Paris, le réseau Daniel Féau note un certain attentisme lié aux débats sur la fiscalité.
Enjeux fiscaux ?
Au-delà de l’investissement pur, les comportements évoluent vers une sédentarisation dans les lieux de villégiature. Grâce à la démocratisation du télétravail pour ces élites, des villes comme Marbella ou Aspen deviennent des résidences principales à l’année.
En France, l’horizon s’assombrit toutefois légèrement sous l’effet des débats budgétaires. Les discussions entourant le budget 2026, évoquant une taxe différentielle ou le rétablissement de l’ISF, poussent de nombreux propriétaires à solliciter des estimations de leurs biens en vue d’un éventuel départ vers l’étranger. « Plus de personnes demandent à estimer leur bien », observe Charles-Marie Jottras, président de Daniel Féau, témoignant d’une inquiétude réelle face à la pression fiscale sur les hauts patrimoines.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP







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