À la tête du groupe Century 21 Lafage Transactions - treize agences entre Nice et Monaco - Benjamin Mondou figure parmi les personnalités du marché immobilier azuréen. Rencontre avec un passionné qui revendique un ancrage local fort, des convictions, et une envie d’ouvrir les portes de la propriété à tous, malgré les tensions du marché. Interview, partie 1/2.
Votre agence du Mont-Boron vient de recevoir pour la dixième fois le titre de la meilleure de France pour le groupe Century 21. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
C’est une immense fierté ! Sur 940 agences en France, celle du Mont-Boron arrive encore première en chiffre d’affaires, avec un peu plus de 3,2 millions d’euros hors taxes. C’est avant tout la récompense d’un travail d’équipe.
On a la chance d’évoluer dans une région exceptionnelle, qui attire : la mer, la montagne, l’aéroport, Monaco, l’Italie, la culture, le sport… C’est une destination puissante. Cela fait 25 ans que je suis dans le métier, et la Riviera reste un rêve pour beaucoup.
Quelles sont les grandes tendances du marché ?
2024 a été une année difficile, avec des taux d’intérêt très élevés. Les prix, eux, avaient du mal à baisser. Il a fallu faire beaucoup de pédagogie auprès des vendeurs. Mais 2025 démarre bien.
Le premier trimestre a été excellent, notamment grâce à la clientèle étrangère, entre les Américains, Scandinaves, Anglais, mais aussi les Parisiens. Ils achètent ici une résidence principale ou secondaire, souvent dans la continuité d’un effet post-Covid. Les taux redeviennent raisonnables : autour de 2,9 à 3 % sur 25 ans, ce qui permet aux primo-accédants de revenir.
Justement, est-ce qu’un jeune Niçois peut encore espérer devenir propriétaire ?
C’est difficile, mais pas impossible. Dans nos agences du Port ou du Carré d’Or, on travaille avec cette clientèle-là. Avec un prêt à taux zéro, un peu d’apport familial, ça peut le faire. On vient de vendre un 2 pièces de 36 m² sur la place Garibaldi à 190.000 euros. C’est typiquement une opportunité pour un primo-accédant. Et c’est important pour nous, en tant qu’agents immobiliers, de préserver une population active sur Nice. Tout ne doit pas être capté par la résidence secondaire.
Les acheteurs locaux sont-ils en concurrence avec les étrangers ?
Non, ce ne sont pas les mêmes produits. Les étrangers visent des biens haut de gamme : Franck Pilatte, le bassin du Port, Beaulieu-sur-Mer, Villefranche-sur-Mer, Gairaut… Les primo-accédants regardent ailleurs, sur des surfaces et budgets différents.
Votre groupe compte treize agences. Comment font-elles pour cohabiter sans se concurrencer ?
Au contraire, elles fonctionnent en synergie. Une personne qui vend sa maison à Villefranche-sur-Mer parce que ses enfants sont partis peut acheter un appartement dans le Carré d’Or. Ce sont des marchés très différents, mais complémentaires. Je les ai créées dans cette logique-là.
Quels sont les quartiers les plus prometteurs à Nice ?
Le Port, toujours, et surtout sa deuxième tranche de réaménagement. Les prix montent, notamment derrière la rue Bonaparte, vers la rue Beaumont et le Mama Shelter. Riquier progresse fort, tout comme Saint-Roch, et même Saint-Isidore, qui monte en flèche.
Et ailleurs dans le département ?
Beaulieu-sur-Mer est en pleine renaissance. Le maire a su impulser une vraie dynamique. Le centre-ville et le port sont magnifiques, de beaux commerces s’installent. Et ce sont souvent les commerçants qui font la force d’une ville. Avant, Beaulieu-sur-Mer était un peu une ville de passage, de retraités. Aujourd’hui, on y voit de jeunes actifs, des étrangers qui veulent s’y poser. La demande est forte et l’offre faible.
Quels sont les quartiers les plus chers aujourd’hui à Nice ?
Le Carré d’Or, le Mont-Boron, et la belle partie de la Promenade. Des biens peuvent atteindre ou dépasser les 20.000 euros du mètre carré. On parle là d’appartements “pied dans l’eau” au Cap de Nice ou en dernier étage, avec terrasse, sur le quai des États-Unis par exemple. Des produits uniques.
Comment avez-vous vu évoluer le marché à Nice et dans le département depuis vos débuts ?
Quand j’ai ouvert mon agence rue Bonaparte, il y a une quinzaine d’années, on m’a dit : “Mais tu es fou, ce quartier est pourri”. J’ai répondu : “Vous allez voir”. La place Garibaldi était en rénovation, je voyais déjà tout le potentiel du secteur. À l’époque, on achetait des appartements place du Pin à 3.500 euros du mètre carré.
Aujourd’hui, on frôle les 10.000. Il faut être précurseur. Mon approche, c’est toujours de regarder à cinq ans, d’anticiper l’évolution d’un quartier, de voir ce que la Ville prépare. Ceux qui ont investi dans le secteur Libération il y a dix ans, par exemple, font aujourd’hui de très belles plus-values. C’est ça, faire un bon investissement immobilier.
Quel regard portez-vous sur l’évolution de la ville ?
Tous mes clients étrangers me disent la même chose : Nice est superbe. Propre, dynamique, vivante. Il s’y passe toujours quelque chose. Et ça, ils le remarquent immédiatement. Je pense que la ville n’a jamais été aussi dynamique. Moi qui voyage beaucoup, je suis toujours très heureux de revenir ici !
En savoir +
- Site internet
- Adresse : 6 Rue Alexandre Mari, 06300 Nice
- Téléphone : 04 92 00 06 00




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