Un incendie, probablement d’origine criminelle, a fait sept morts, dont trois enfants et un adolescent, dans un immeuble d’habitation des Moulins.
- Mise à jour : « Trois individus sont recherchés » a indiqué le Premier ministre Gabriel Attal lors d’un point presse sur les lieux du drame. « L’enquête progresse. Les premiers éléments ont pu être recueillis », a-t-il ajouté, en soulignant que « ce qui s’est produit ici est absolument terrible, abominable ».
Le sinistre a ravagé un appartement du septième et dernier étage d’un immeuble de ce quartier populaire de l’ouest de Nice, gangrené par les trafics de stupéfiants. Le bilan est dramatique, malgré les 25 engins et 72 sapeurs pompiers très rapidement engagés pour lutter contre le sinistre.
7 victimes
Trois enfants de 5, 7 et 10 ans, un adolescent de 17 ans et trois adultes sont morts, a déclaré le préfet du département des Alpes-Maritimes, Hugues Moutouh. Des voisins avaient placé des matelas pour tenter d’atténuer la violence des chutes de ceux qui se sont défenestrés, selon des témoins.
Immense émotion après le terrible incendie rue de la Santoline dans le quartier des Moulins à #Nice
Malgré l’intervention rapide des policiers et des sapeurs pompiers 7 personnes dont 1 enfant sont décédées,1 personnes en urgence absolue et 3 autres ont été intoxiquées. pic.twitter.com/o1Qur4qK4e— Christopher BELICCHI (@ChrisBelicchi) July 18, 2024
Deux autres personnes ont été hospitalisées en « urgence relative », selon les pompiers. Quatre policiers sont, eux, en état de choc. « Les décisions de justice devront être à la hauteur de l’abject » appelle Un1té 06, un syndicat des forces de l’ordre.
« Nous sommes aux côtés de tous les Niçois » dit le président Macron
« Je remercie les services de l’Etat et les secours pour leur action. Nos pensées vont aux proches des victimes », a déclaré le président français Emmanuel Macron, sur X. Le Premier ministre Gabriel Attal et le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin sont attendus vers midi.
Appelés à 02h28, les pompiers sont arrivés sur place « une dizaine de minutes plus tard », a assuré le Parquet. Ils ont secouru plusieurs personnes dans l’appartement, avant d’évacuer, avec trois grandes échelles, la trentaine d’habitants du dessous.
Piste criminelle
« Au regard des premiers éléments, j’ai ouvert une enquête pour des faits d’incendie volontaire ayant entraîné la mort », a annoncé le magistrat, sans plus de précisions. Selon le préfet, le feu serait parti du deuxième étage, dans les parties communes, et se serait propagé par la cage d’escalier.
Les survivants de l’appartement dévasté ont raconté que la mère de cette famille d’origine comorienne les avait réveillés pour les conduire à la fenêtre, avant de repartir chercher les autres enfants et de disparaître dans les flammes, selon le préfet.
Le premier adjoint au maire, Anthony Borré, a affirmé que les images des caméras de vidéosurveillance avaient révélé la présence de trois personnes encagoulées sur les lieux au moment du départ du sinistre. Des techniciens de la police, venus de Marseille, vont passer les lieux au peigne fin.
Sur place, jeudi, les deux fenêtres du dernier étage sur la façade avant de l’immeuble étaient calcinées, tout comme le balcon de l’appartement à l’arrière. Les camions de pompiers qui se trouvaient encore sur les lieux tôt dans la matinée ont peu à peu cédé la place à ceux des policiers venus enquêter, sous le regard des riverains, observant de leurs fenêtres. Le bâtiment où s’est déclaré le sinistre date de 1977 et avait fait l’objet d’un programme de rénovation, au début des années 2000.
Cellule de crise

Au total, une quinzaine de familles ont été accueillies au Palais Nikaïa par la municipalité, dans l’attente d’un relogement. « Nous sommes à leurs côtés et nous le serons dans la durée » a promis Anthony Borré.

Assise sur un lit pliant, pendant que ses quatre filles de 4 à 10 ans dessinent, Soibrata, qui habitait au 5e étage, a évoqué sa panique dans la nuit. « J’ai entendu du bruit, j’ai vu des gens qui couraient dehors. Il y avait le feu dans la cage d’escalier, la fumée entrait sous la porte ».
« J’ai réveillé les enfants, on a appelé les pompiers, ils nous ont dit de mettre des serviettes mouillées sous les portes et d’aller sur le balcon. Finalement, on a été évacués sur l’échelle, d’abord les filles et puis nous »
Plusieurs habitants ont raconté s’être relayés pour arroser les auvents et parasols des balcons afin d’éviter la propagation du feu par des éléments tombant des balcons en flamme.





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