Les femmes se sentent de moins en moins en sécurité dans les transports. Et ce n’est pas qu’un sentiment. En dix ans, le nombre de victimes de violences sexistes et sexuelles y aura augmenté de 86 % en France. A Nice, qu’en pensent celles qui utilisent quotidiennement les bus et le tramway ?
VOTRE AVIS SUR L’ACTU - En 2019, Sacha rentre de cours. Elle prend son tram pour rentrer. Mais ce trajet, elle va s’en souvenir. Sur sa route, un inconnu. Son approche lourde, la peur, une agression. Elle s’en souvient encore, huit ans plus tard. Tout en estimant « avoir eu de la chance, contrairement à d’autres qui subissent des choses encore plus graves ».
Cette banalisation est assez courante chez celles qui ont subi des violences sexistes et sexuelles (VSS). Notamment quand elles les subissent dans des lieux où le phénomène est devenu « monnaie courante ». Selon les derniers chiffres officiels, 3 374 personnes ont connu des faits similaires dans les transports en commun. Dix par jour. Et encore, pour les seuls faits déclarés auprès de la police.

Contrôleurs et boutons SOS : suffisants ?
Nice compte 1050 caméras, disposées dans trois lignes de tramways et cent onze de bus. « Je trouve que c’est tout à fait suffisant » témoigne Amandine, depuis l’arrêt « Jean-Médecin ».

D’autres sont plus nuancées. « Le jour, oui. Mais la nuit, j’évite de les prendre. Il y a trop de gens louches » estime Briana. « Après minuit, je prends un Uber pour rentrer » regrette Jolene.
Contre l’insécurité, des dispositifs concrets existent déjà : le lancement d’une brigade nocturne d’agents de sécurité depuis trois ans, un bouton d’appel d’urgence dans le tram et des bornes d’appel aux stations.
Est-ce suffisant ? « Je ne crois pas tellement en leur efficacité, regrette Andréa. Ça n’empêchera sûrement pas une agression ». « S’il m’arrive quelque chose, je n’y penserais même pas, réfléchit Yasmine. Je voudrais d’abord me sauver ».
Et ils en ont même déçu certaines. Ptissam fait partie des nombreuses victimes de ces VSS. Elle, c’était son ex-mari, une fois dans le tram, une autre dans le bus.

« Il m’a menacé. J’ai appuyé sur le bouton SOS dans le tram mais le conducteur ne pouvait pas s’arrêter tout de suite. Dans toute la rame, une seule personne est venue m’aider… Je ne sais pas où je serais sans elle » raconte la jeune femme, émue.
Arrêt à la demande, contrôles quotidiens
« Je ne sais pas trop ce qui peut être fait en plus pour améliorer nos trajets » doute Asma, ainsi que de nombreuses habitantes interrogées.

« On pourrait envisager l’arrêt à la demande dans le bus. Ou augmenter les effectifs des contrôleurs le soir après 21 heures. Ils pourraient être répartis à toutes les stations » réfléchit Sacha.
« Il y a des pays qui ont mis en place des bus exclusivement pour les femmes le soir. Peut-être que proposer ce genre de service pourraient améliorer les choses » avance Manon. « Même si ce qui améliorerait vraiment les choses, c’est l’éducation…»
Ces idées concordent avec une part des propositions défendues par les candidats de la dernière municipale. Le vainqueur, Éric Ciotti (UDR), proposait déjà « l’arrêt à la demande dans les bus métropolitains ». Un dossier géré dès les prochains jours par Zara Boutayeb, qui sera nommée adjointe au maire chargée de ces question, ce vendredi 27 mars.
En savoir +
- Numéro 3919 - ligne d’écoute nationale destinée aux femmes victimes de violences
- La Maison des Femmes pour les victimes de VSS, Hôpital L’Archet (Nice)



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