La cité phocéenne pleure aujourd’hui l’un de ses maires les plus emblématiques.
Ce lundi, un géant de notre région a rendu son dernier souffle. Jean-Claude Gaudin (LR), maire de Marseille pendant un quart de siècle, est mort à Saint-Zacharie (Var). Il avait 84 ans.
Cette figure pagnolesque laisse un héritage controversé. Très populaire auprès des Phocéens jusqu’à la fin, il est aussi l’édile qui aura vu s’effondrer les immeubles de la rue d’Aubagne. Bien des emplois ont été créés dans les zones franches, tandis que la fracture entre Sud et Nord s’aggravait, que la pratique intensive du clientélisme conduisait la capitale régionale au déclassement.
Il avait fait du combat contre l’extrême droite une part intégrante de sa matrice politique au cours de ses deux derniers mandats. Pourtant, c’est grâce à un accord avec le Front national de Jean-Marie Le Pen qu’il remporta la Région. Figure de la méritocratie, ce fils unique d’un maçon et d’une ouvrière qui a grandi dans un quartier populaire s’était hissé jusqu’au Sénat, après avoir été le plus jeune conseiller municipal de sa ville. Mais ses 120 années de mandats cumulés resteront entachés par l’émergeance d’affaires judiciaires ces derniers temps.
À l’occasion de son dernier conseil, il accèdera à la salle des débats par une porte dérobée, alors que son Hôtel de Ville est entouré de barrières pour contenir des manifestants. C’est donc un bilan contradictoire et nuancé que laisse ce monument du Sud. Ses pairs n’ont pas manqué de saluer le vieux lion à l’annonce de sa disparition.
« C’était un grand homme politique français, comme il n’en existe plus »
« Nous avons partagé de nombreux combats communs ces dernières années » souligne Christian Estrosi, le maire de Nice. « Mes pensées les plus chaleureuses à ses proches, à Marseille et aux Marseillais à qui il a dédié sa vie. Homme du Sud à la faconde légendaire Jean-Claude Gaudin a été un infatigable militant des valeurs de la droite et du centre ».
« J’aimais sa gouaille. J’admirais son courage. J’écoutais ses conseils. Je suis fier d’avoir travaillé à ses côtés. Ma peine est immense, je perds un ami » a réagi, de son côté, le patron des Républicains, Eric Ciotti.
Le président du conseil régional, Renaud Muselier, avait qui il était en froid depuis des années, lui a également rendu hommage : « Je suis frappé d’une immense tristesse. Je reconnais bien là sa complicité avec le Seigneur, lui qui était si chrétien, de partir un jour si saint, si sacré ! Paix à son âme, et pensée pour tous les siens. Ensemble, nous avons construit l’unité et le rassemblement au service de Marseille. Il a servi cette ville et a su l’incarner, avec un talent exceptionnel. Il a aussi servi la France, son pays, et il fut un grand maire. Il laissera une trace indélébile dans cette ville qu’il a tant aimé, tant servi et tant choyé. L’histoire rappellera à quel point c’était un grand homme politique français, comme il n’en existe plus. Marseille va pleurer son maire, un grand maire. Je suis malheureux en ce jour ».
Le mot de la fin revenant à l’actuel premier magistrat, Benoît Payan :
Jean-Claude Gaudin paraissait insubmersible. Son départ me peine infiniment. A celui qui aimait tellement Marseille, son histoire et ses habitants, je veux rendre un hommage ému et sincère. Il manquera à cette ville. Sa trace restera. pic.twitter.com/miKzTnQxfI
— Benoît Payan (@BenoitPayan) May 20, 2024





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