Les effets de la cocaïne sur la santé publique en France deviennent préoccupants : en dix ans, les passages aux urgences liés à cette drogue ont triplé.
Selon les données publiées jeudi par Santé publique France, la consommation de cocaïne représente désormais un véritable fardeau pour les services hospitaliers et les urgences. En 2024, l’agence a recensé 5.067 passages aux urgences liés à cette substance, accompagnés de 1.619 hospitalisations. Après une croissance continue depuis 2012, ces chiffres semblent se stabiliser, mais à un niveau très élevé.
Une pression forte sur les urgences hospitalières
La situation demeure préoccupante pour les professionnels de santé. Santé publique France souligne que ces passages aux urgences sont particulièrement fréquents dans certaines régions : la Guyane, la Provence-Alpes-Côte d’Azur et l’Occitanie. L’agence sanitaire, qui inclut les données de l’Outre-mer (hors Martinique et Mayotte), insiste sur les fortes disparités territoriales.
« Le poids pour les services d’urgence et pour l’hôpital est significatif », alerte l’agence. Depuis 2012, le nombre de passages aux urgences liés à l’usage de cocaïne a plus que triplé. Une tendance qui suit celle de l’augmentation du nombre de consommateurs et des décès rapportés par l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT).
Un profil type : homme, 32 ans, souvent polyconsommateur
Entre 2012 et 2024, sur les 32.749 passages recensés, 74 % concernaient des hommes, avec un âge médian de 32 ans. Ce profil correspond à la tranche de population la plus concernée par la consommation de cette drogue. Ces passages sont souvent liés à la prise d’autres substances, à commencer par l’alcool (29 %), mais aussi des narcotiques tels que les opiacés (14 %), le cannabis (11 %) et les benzodiazépines (7 %).
Les centres spécialisés en addictologie (CSAPA) confirment cette tendance : la cocaïne est de plus en plus fréquemment signalée comme la substance principale par les nouveaux patients entrant en traitement.
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Conséquences médicales graves et multiples
Deuxième substance illicite la plus consommée dans le monde après le cannabis, la cocaïne entraîne des effets particulièrement graves sur la santé. Les complications aiguës sont le plus souvent de nature cardiovasculaire, comme l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral ou la thrombose. Sur le plan psychiatrique, les risques incluent la dépression, l’anxiété et les tentatives de suicide.
En 2023, selon l’OFDT, 10 % des adultes avaient déjà consommé de la cocaïne au cours de leur vie, et 3 % l’avaient fait au cours des 12 derniers mois. Ces chiffres illustrent la banalisation progressive de cette drogue en France, au détriment de la santé publique.
Avec AFP



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