Le tribunal administratif de Nice a freiné les mesures anti-mendicité mises en place par le maire Christian Estrosi en annulant un arrêté pris pour l’été 2022, jugé excessivement large par rapport à la réalité du terrain.
Depuis le milieu des années 2010, la municipalité interdit la mendicité durant la saison estivale dans les zones touristiques, une politique renouvelée en juin 2022 pour toute la période estivale. Cette mesure s’appuyait sur les 758 procès-verbaux établis par la police municipale dans le cadre d’un arrêté similaire en vigueur l’été précédent. M. Estrosi justifie régulièrement ces interdictions par la nécessité de lutter contre ce qu’il qualifie de « mendicité agressive ».
Saisie par la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la justice administrative avait suspendu en urgence cet arrêté dès 2022, avant de l’annuler définitivement dans une décision rendue jeudi.
Contactée par l’AFP, la mairie de Nice n’a pas souhaité commenter cette annulation, mais a indiqué qu’un arrêté similaire avait été pris pour l’été 2023 et qu’un nouveau texte était déjà prévu pour l’été 2025.
Dans son jugement, le tribunal a relevé que, sur les centaines de procès-verbaux dressés, seuls huit mentionnaient des faits de « mendicité agressive », sans jamais en préciser la nature. La plupart des verbalisations se contentaient de signaler la présence de sans-abri ou de personnes en situation de précarité.
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« Cette décision nous conforte dans notre combat pour le respect du principe constitutionnel de fraternité, pour la dignité et contre toute forme de discrimination et en particulier celle qui s’exerce contre les victimes d’une société de plus en plus inhumaine », a réagi la LDH dans un communiqué.
Dans une ville où 21 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, l’opposition de gauche accuse régulièrement la municipalité de privilégier une image de carte postale au détriment des libertés des plus précaires.
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Cet hiver, la mairie a également demandé aux associations de relocaliser leurs distributions d’aide après une pétition de riverains et commerçants se plaignant de la présence accrue de sans-abri sur la place Garibaldi, site touristique emblématique.
En septembre 2024, Christian Estrosi avait par ailleurs écrit au préfet pour signaler des troubles liés à la présence croissante de « populations errantes », principalement originaires d’Europe de l’Est, dans les espaces publics.
(Avec AFP)



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