La région méditerranéenne, déjà fragilisée par les effets du changement climatique et des tensions socio-politiques, pourrait voir sa situation empirer si des « ruptures » décisives dans les politiques publiques ne sont pas opérées, a averti jeudi l’organisme « Plan Bleu », affilié au Programme des Nations Unies pour l’environnement.
Dans son rapport intitulé « La Méditerranée à l’horizon 2050 », cet organisme basé à Marseille et spécialisé dans les études prospectives, esquisse six scénarios pour l’avenir du bassin méditerranéen. Cette région, particulièrement exposée aux bouleversements climatiques, regroupe 60 % de la population mondiale souffrant d’un manque d’accès à l’eau.
À l’échelle globale, la Méditerranée est la zone où les températures augmentent le plus rapidement après l’Arctique, avec une hausse prévue de 2,3 °C par rapport à l’ère pré-industrielle dès 2050. Il y a vingt ans, ce seuil était anticipé pour 2100.
Parmi les scénarios explorés, certains imaginent un partenariat économique et écologique euro-méditerranéen menant à la neutralité carbone d’ici 2050, ou encore l’émergence d’un modèle de développement durable propre à la région, favorisant des relations Nord-Sud plus équitables.
Cependant, des hypothèses plus pessimistes évoquent une quête de croissance économique alimentant des conflits entre pays et une dégradation accélérée de la biodiversité, ou encore une région déstabilisée par des catastrophes environnementales récurrentes, telles que des méga-feux, des pénuries d’eau ou des inondations.
Le scénario le plus probable, selon le rapport, reste toutefois celui du « business as usual », où l’absence de changement des pratiques actuelles conduirait à une dégradation constante des écosystèmes, à des tensions accrues autour des ressources et à une marginalisation économique et géopolitique de la Méditerranée.
« Nous ne sommes pas encore à la hauteur. Il faut des ruptures politiques bien plus marquées », a déclaré Guillaume Sainteny, président de Plan Bleu et expert des politiques environnementales, à l’AFP. Pour lui, « sans ces changements, il n’y aura pas d’avenir durable en Méditerranée ».
L’étude sera présentée en juin 2025 à Nice, lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC).



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