Enfance en Corse, avocate depuis plus de vingt ans, engagement politique précoce puis retour au premier plan en 2020… Élue maire de Menton, Alexandra Masson se raconte dans un entretien plus personnel. De ses racines à son rapport à la Méditerranée, de sa vie de mère à sa dernière victoire, l’édile RN déroule dans Menton-Presse un parcours marqué par « une volonté intacte de servir ».
Avec un grand-père maire (Jean Maret) et une mère sénatrice (Hélène Masson-Maret), la politique était-elle une évidence pour vous ?
Eh bien pas forcément ! Dans les familles, soit on adhère, soit on rejette. Chez nous, il y eut les deux. Mon frère, par exemple, a longtemps été dans le rejet. Moi, j’ai adhéré très tôt. À 15-16 ans, je voulais déjà être élue. De longues conversations avec mon grand-père dans son bureau, les balades avec lui dans Vence, les gens qui venaient lui parler de leurs problèmes… Tout cela m’a profondément marquée. C’est quelque chose qui fait partie de mon ADN.
Dans votre famille, beaucoup sont avocats, comme vous. D’où vient cette vocation ?
Au départ, je voulais être médecin. Mon père était chirurgien, j’aimais beaucoup ce milieu. Mais j’étais mauvaise en maths… Donc je me suis tournée vers le droit, avec beaucoup de plaisir. Cela fait maintenant 24 ans que je suis avocate et j’en suis comblée.
Vous êtes née à Nice, mais votre enfance s’est faite ailleurs…
Oui, je suis partie de Nice à deux mois. Mon enfance est Corse. À Bastia. Ensuite, j’ai vécu à Vence, puis à Grasse, avant de revenir à Nice.

Quel lien gardez-vous avec l’Île ?
Des liens extrêmement forts. J’y vais au moins une à deux fois par an. C’est vraiment le lieu par excellence où j’aime me ressourcer.
La Méditerranée semble aussi essentielle dans votre vie…
Oui, j’aime tout dans la mer. Naviguer, m’y baigner, la contempler. Quand j’en suis loin, je ne suis pas bien. Il y a une forme d’étouffement. J’ai besoin de cette présence de l’eau.
Parlons de votre rôle de mère : quelle relation entretenez-vous avec vos deux filles ?
C’est une grande fierté, évidemment. Mais surtout, c’est une construction. On manque toujours de temps, et c’est une culpabilité permanente. Peut-être que les femmes le ressentent plus que les hommes. J’essaie, quand je suis avec elles, d’être pleinement présente.
« Je ne suis pas quelqu’un de dur, contrairement à ce que j’entends parfois »
Justement, comment concilier vie personnelle et engagement politique ?
Ça s’apprend. Aujourd’hui, j’arrive mieux à couper. Il m’arrive de poser mon téléphone, sinon c’est non stop. Il faut savoir créer des moments pour soi et pour ses proches.
Vous êtes perçue comme plutôt combative, où puisez-vous ces forces ?
De la vie. Elle ne m’a pas épargnée. Rien ne m’a été donné. Je me suis battue pour tout. Donc oui, ça rend plus résistante. Mais je ne suis pas quelqu’un de dur, contrairement à ce que j’entends parfois. Je suis quelqu’un de très humain, très sensible. L’image extérieure n’est pas toujours la bonne. Demandez à mes équipes (sourire).
Y a-t-il des combats qui vous tiennent particulièrement à cœur ?
Oui, tout ce qui touche à la mer et à l’environnement. J’ai travaillé sur la protection des océans, sur le zéro plastique. Et à Menton, je veux notamment développer la végétalisation, avec un objectif de 1 000 arbres plantés.

En dehors de la politique, quelles sont vos passions ?
(Sourire) J’adore cuisiner, recevoir, les grandes tablées, même si j’ai moins le temps désormais. J’ai, aussi, fait beaucoup de sport : ski en compétition, tennis, plongée…
Le voyage a aussi marqué votre parcours ?
Énormément. Voyager change votre regard. Deux expériences m’ont particulièrement marquée. Le Liban récemment, et Israël il y a une vingtaine d’années. Quand on voit les choses sur place, on ne les comprend plus du tout de la même manière.
« Un ministère ? Jamais au détriment des Mentonnais »
Comment est née votre volonté de vous engager en politique ?
Assez jeune. J’ai adhéré au RPR (Rassemblement pour la République, le parti gaulliste) à 17 ans. J’avais déjà cette fibre souverainiste et patriote, ce besoin de défendre mon pays.
Vous avez fini par rejoindre le Rassemblement national (RN). Pourquoi ?
Une rencontre décisive avec Marine Le Pen en 2020. Elle m’a redonné l’envie de faire de la politique. J’ai retrouvé une incarnation, une énergie que je n’avais pas vue depuis longtemps.
Avez-vous connu des moments de doute ?
Oui, avant 2020. Mais depuis, c’est l’inverse. Je me dis qu’il faut y aller, qu’il faut défendre la France et les Français.
On vous prête même parfois un destin ministériel…
Je ne pense pas comme ça. On n’ambitionne pas d’être ministre. On a la volonté de servir. Et si un jour on me le demande, ce ne sera jamais au détriment des Mentonnais.



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