Le parquet a demandé vendredi des peines allant de cinq à neuf ans de prison contre quatre hommes jugés à Ajaccio, suspectés d’avoir pris part à trois attentats à l’explosif visant un glacier de Corse-du-Sud, sur fond supposé d’extorsion et de pressions.
Le procureur de la République a sollicité une condamnation à neuf ans d’emprisonnement pour Joseph Mocchi, Appien Coti et Don Jacques Serreri, poursuivis pour des faits d’extorsion, de tentative d’extorsion, de complicité de ces infractions et pour participation à une association de malfaiteurs.
D’après les interceptions téléphoniques, Don Jacques Serreri, épaulé par ces deux autres prévenus, est soupçonné d’avoir cherché à faire pression sur le propriétaire du glacier « La Marine », installé sur le port de Propriano, afin d’en prendre le contrôle.
À l’encontre de Tarik El Fettouhi, dont l’ADN a été identifié sur un morceau d’adhésif lié au dispositif explosif du premier attentat contre le commerçant le 6 avril 2020, le parquet a requis une peine de cinq ans de prison.
Attentats contre un glacier en Corse-du-Sud, extorsion et écoutes au cœur du procès
Le jugement sera rendu le 2 décembre. Les quatre prévenus comparaissaient depuis lundi pour trois attaques à l’explosif commises entre avril 2020 et janvier 2021, toutes dirigées contre ce commerce.
L’enquête a mis en avant une « ambiance de jalousie commerciale » et des propriétaires « visés car non corses », a rappelé la présidente du tribunal en se fondant sur les conversations téléphoniques recueillies.
Les avocats de la défense ont demandé la relaxe de leurs clients, estimant qu’il n’existait « aucun élément matériel » et que le dossier reposait essentiellement « sur la rumeur. »
Dans son réquisitoire, le procureur s’est appuyé sur les écoutes des différents protagonistes, dont celles de possibles repreneurs du glacier. « Ce n’est pas une rumeur », a-t-il affirmé, en détaillant les éléments qui, selon lui, montrent que ce duo de repreneurs « ne s’est pas rétracté librement. »
Il a rejeté les dénégations formulées à la barre par plusieurs témoins, parmi lesquels ces repreneurs, tous venus assurer que « les quatre jeunes n’avaient rien à voir » avec ces violences, devant une salle d’audience remplie de soutiens aux accusés.
« Le tribunal devra se demander si tous les témoins se sont sentis libres de parler, à partir du moment où l’on voit l’évolution de leurs dépositions », a observé de son côté, jeudi, l’avocate des parties civiles, Me Bérénice de Warren.
- Ce qu’il faut retenir : Le parquet a demandé de lourdes peines de prison contre quatre hommes soupçonnés d’avoir visé un glacier de Corse-du-Sud par trois attentats à l’explosif. L’accusation s’appuie principalement sur des écoutes téléphoniques qui évoquent un contexte de jalousie commerciale et de pressions sur des propriétaires non corses. La défense conteste la solidité du dossier et le tribunal tranchera le 2 décembre.
Avec AFP






