Cinq prévenus, dont une ancienne responsable syndicale et plusieurs journalistes, ont comparu à Aix-en-Provence pour des propos visant un ex-juge de l’asile.
Ce vendredi, le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence a jugé une ancienne syndicaliste et quatre responsables de médias, poursuivis par un magistrat qui les accuse d’injure ou de diffamation publique. Jean-Marie Argoud, ancien juge à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), avait été écarté de ses fonctions en raison d’un « doute sérieux sur son impartialité ».
Le juge, absent à l’audience, reproche aux prévenus d’avoir porté atteinte à son honneur dans plusieurs publications, après la diffusion d’anciens messages Facebook jugés discriminatoires, qu’il avait publiés sur un compte alors accessible à tous. Ces prises de position — perçues comme antiréfugiés, islamophobes et homophobes — avaient conduit la CNDA à le récuser en octobre 2023, suivie par le tribunal administratif de Marseille qui lui a retiré tout contentieux lié au droit des étrangers.
Médias et syndicat devant la justice pour leurs publications
La procédure a été initiée par citation directe, une voie qui permet à une personne de saisir le tribunal sans porter plainte auprès de la police. Parmi les prévenus figurent la directrice de publication du site Les Jours, visée pour « injure publique envers un particulier », pour un article évoquant « le racisme et la condescendance » du magistrat.
Les directeurs de publication de L’Humanité, 20 Minutes et Infomigrants sont eux poursuivis pour « diffamation publique ». Seule Céline Verzeletti, ancienne secrétaire générale de l’Union fédérale des syndicats de l’État (UFSE-CGT), était présente à l’audience. Elle est poursuivie en tant que directrice de publication du site CGT-État pour avoir relayé un communiqué dénonçant des « relents homophobes, islamophobes et anti-immigration » dans les prises de position du magistrat.
Le juge se défend d’être raciste ou homophobe
À l’audience, l’avocat de Jean-Marie Argoud, Me Julien Pinelli, a reconnu que son client avait pu manquer à son devoir de réserve. « Jean-Marie Argoud est allé sans doute à l’encontre de la nécessaire réserve d’un magistrat de la CNDA », a-t-il admis. Mais il a rejeté toute accusation de haine ou de discrimination : « Il est faux de dire qu’il pourrait être raciste, antisémite ou homophobe », a-t-il plaidé.
L’avocat a accusé certains médias d’avoir « livré en pâture l’honneur d’un homme pour vendre », ajoutant : « On ne prouvera pas que mon client appartient à ce penchant abject ».
Les avocats des prévenus dénoncent un procès abusif
Les avocats des prévenus ont tous plaidé la relaxe. Me Christophe Bigot, avocat du site Les Jours, a souligné : « M. Argoud nous poursuit pour injure ou diffamation envers un particulier, or il y a eu des articles précisément parce qu’il était juge auprès de la CNDA. S’il était garagiste, nous ne serions pas là ! »
Me Olivia Lévy, défenseure du directeur de publication de L’Humanité, a qualifié la procédure de « bâillon contre une presse de gauche », et jugé les articles publiés comme « parfaitement documentés ». De son côté, Me Nicolas Verly, avocat de Céline Verzeletti, a dénoncé un « procès totalement absurde », rappelant que les propos visés reprenaient un communiqué syndical : « Ils n’ont en aucune manière excédé les limites admissibles de la liberté d’expression syndicale ».
Il a même réclamé la condamnation du magistrat pour « procédure abusive », mettant en cause ses publications « d’une rare violence ».
Le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence a mis son jugement en délibéré. Il sera rendu le 4 septembre à 14h00.
Avec AFP





Quelqu’un qui dit des choses à quelqu’un qui échappe les massacres, les lieux où on tue la parole, les geoles à la gueule du client pour dire qu’il ne va pas en France n’est pas un juge. On voit cela à ses dires sur celui à qui il a dit cela. Pour dire qu’il n’est pas ce juge, il a à dire les choses à ceux qui échappent. Quand on ne veut pas écouter lui, il est dans un de ces lieux où on tue la parole. Ce n’est pas la gauche que j’ai vu en France cela. Les ‘proces pour diffamation’ sont un cirque parce que… Lire la suite »
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