Les pénuries d’accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) se révèlent particulièrement marquées dans certaines régions, notamment dans l’académie d’Aix-Marseille où plus d’un tiers des besoins restaient insatisfaits à la rentrée, selon les chiffres transmis vendredi par le ministère de l’Éducation à l’AFP.
Sur les 48.726 élèves en situation de handicap qui attendaient un accompagnement à la rentrée, 7.587 étaient recensés dans l’académie d’Aix-Marseille, d’après les données communiquées par la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco) à la commission d’enquête parlementaire sur les manquements dans la prise en charge du handicap et de la santé mentale.
Cela représente 33,6 % des élèves notifiés pour un accompagnement par un AESH dans cette académie, soit 22.568 enfants concernés.
Le pourcentage grimpe encore dans le département des Bouches-du-Rhône, où 6.949 élèves restent sans accompagnement sur 16.064 notifiés, ce qui équivaut à 43,3 %, selon ces mêmes chiffres cités par Le Monde.
Des écarts considérables entre les académies pointés du doigt
Lors de son audition jeudi, le ministre de l’Éducation Edouard Geffray a été interpellé par le député socialiste Sébastien Saint-Pasteur, rapporteur de la commission, qui a évoqué « des disparités entre académies (…) assez vertigineuses ».
Le parlementaire a comparé l’académie d’Aix-Marseille à celle de Bordeaux, où seulement 2,95 % des besoins demeurent non couverts, soit 528 élèves sur 17.893.
Dans l’académie de Créteil, 6.210 élèves sont encore en attente (sur 28.097, soit 22,1 %), tandis qu’à Versailles, 5.697 élèves (sur 26.786, soit 21,3 %) ne disposent pas d’un accompagnant. Ces proportions atteignent 36,9 % dans le Val-de-Marne et 29,1 % dans l’Essonne.
Interrogé à ce sujet, Edouard Geffray a confirmé que le nombre d’élèves sans accompagnement à la rentrée avoisinait « de l’ordre de 50.000 » (contre 36.186 l’année précédente), précisant qu’il s’établissait « aux alentours de 42.000 » lors des congés de la Toussaint.
« C’est un phénomène qui est évidemment massif », a-t-il reconnu.
À propos des écarts entre académies, le ministre a assuré vouloir « vérifier attentivement » ces données. Il a ajouté que « si ces écarts sont effectivement confirmés, que ce n’est pas un problème de remontées statistiques mais que c’est un problème de faits, ça veut probablement dire qu’il y a des enjeux d’organisation à revoir en partageant de meilleures pratiques ».
« Ces disparités ne peuvent pas demeurer », a-t-il poursuivi, affirmant vouloir « dès le début de la semaine prochaine travailler avec les recteurs » sur cette question.
Avec AFP





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