Fragilisée par plusieurs exercices déficitaires et dans un contexte où les compagnies aériennes régionales disparaissent, Air Corsica, détenue à 66,8% par la Collectivité de Corse, parie sur des économies et sur l’ouverture de nouvelles lignes, notamment vers l’Autriche et l’Allemagne, pour retrouver l’équilibre.
La direction de la troisième compagnie aérienne française, derrière Air France et Transavia, qui a transporté 2,29 millions de passagers en 2024 selon la Direction générale de l’aviation civile, a dressé cette semaine un premier bilan jugé encourageant d’un vaste plan de transformation.
Ce plan vise « un objectif d’amélioration de la trajectoire économique de l’entreprise, une nécessité pour rester dans le concert des compagnies régionales françaises », a déclaré Pierre Muracciole, président du directoire.
Il a rappelé que la France comptait « plus de 45 compagnies aériennes régionales en 2000 » et qu’il n’en reste plus que quatre aujourd’hui.
Air Corsica accélère pour diversifier ses lignes et relancer ses recettes
Annoncé en juin 2024, le programme doit dégager 30 millions d’euros d’économies par an, en réduisant les dépenses et en augmentant les recettes grâce à une diversification d’une activité aujourd’hui centrée à 80% sur les lignes de délégation de service public (DSP), entre les quatre aéroports corses et Paris, Marseille et Nice, afin d’assurer la continuité territoriale entre l’île et l’Hexagone.
« Nous avons acté qu’il nous faudrait faire, a minima, 30% hors service public si nous voulons que la compagnie ne s’enferre pas dans cet unique créneau », a expliqué Marie-Hélène Casanova-Servas, présidente du conseil de surveillance. Elle a souligné qu’Air Corsica, dont le résultat net est resté déficitaire en 2024 (-1,4 million d’euros) et en 2023 (-0,7 million), « engage sa survie et celle de 700 familles dans un ciel de plus en plus concurrentiel ».
Concrètement, le plan prévoit « la création de lignes internationales » en 2026 vers « l’Autriche et l’Allemagne », avec Ajaccio-Vienne, Bastia-Vienne, Ajaccio-Munich et Bastia-Munich, « qui représentent plus de 100.000 sièges », a détaillé Pierre Muracciole.
La compagnie prévoit aussi d’ouvrir des liaisons vers la Bretagne, avec Ajaccio-Rennes et Bastia-Rennes, et de muscler des lignes déjà opérées vers Charleroi, Toulouse, Lyon et Dole.
Sur le volet économies, une procédure de ruptures conventionnelles collectives s’est traduite par « 69 départs validés » sur 70 attendus, ainsi qu’une « réorganisation complète de chaque direction », selon Marie-Hélène Casanova-Servas.
La direction anticipe « de premiers effets économiques » « en 2026 », avec l’objectif d’afficher « un résultat positif ou au minimum à l’équilibre en 2027 ».
- Ce qu’il faut retenir : Air Corsica met en œuvre un plan de transformation pour corriger plusieurs années de déficit et s’adapter à la raréfaction des compagnies régionales. La compagnie vise 30 millions d’euros d’économies annuelles et une diversification pour atteindre au moins 30% d’activité hors service public. De nouvelles lignes, notamment internationales en 2026, doivent soutenir les recettes, avec un objectif d’équilibre en 2027.
Avec AFP






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