Depuis le Forum Choiseul, Christian Estrosi a appelé à un réchauffement des relations entre nos deux pays, sur fond de crise énergétique. Sans hésiter à tacler les positions diplomatiques françaises et européennes.
Du 11 au 13 octobre, le maire de Nice s’est envolé vers la Russie. Au programme, rencontres bilatérales avec des membres du gouvernement et des industriels, forum international, passage au Bolchoï ou encore visite des installations sécuritaires moscovites.
Mis à part Nice-Presse, aucun média local n’a couvert cette visite officielle. Si ce n’est nos confrères de Nice-Premium, qui tancent les prises de position du maire, « qui imposent la réserve (tant elles) vont au-delà des compétences d’un élu local. (…) La norme veut que les relations internationales se fassent d’Etat à Etat ».
Comme nous le rapportions hier dans cet article, les liens forts que Nice entretient avec eux ne sont pas nouveaux. On se souvient qu’il y a encore quelques mois, Christian Estrosi avait conclu, avant tout le monde, un accord de principe pour obtenir, en cas d’autorisation européenne, de nombreuses doses du vaccin Sputnik V.
« Faute »
Mais alors, en quoi le président de la Métropole s’est-il tant que ça écarté de la ligne diplomatique française ?
« La France et la Russie doivent franchir une étape supplémentaire dans leur coopération et renforcer leurs liens » a-t-il réclamé, devant le Choiseul Russia Business Forum.
À propos de la crise énergétique qui nous frappe actuellement, Christian Estrosi a tenu « un discours de vérité : les Européens ont une grande part de responsabilité dans cette situation. Alors que la Russie représente 30% de notre approvisionnement en gaz, nous avons refusé de signer avec les investisseurs et les chefs d’entreprises russes des contrats de long terme. »
« En refusant de se lier à Moscou pour plusieurs années, les instances européennes ont commis une faute politique et économique que les consommateurs sont en train de payer très cher »
Christian Estrosi, à l’occasion du Choiseul Russia Business Forum
« Je souhaite donc que l’UE reprenne les négociations avec la Russie pour signer des accords d’approvisionnement sur le long terme ».
Un point de vue (presque) iconoclaste en France, qui a échappé aux journaux niçois, mais pas aux médias russophones.
À partir du 17 mars 2014, l’Union européenne et notre pays ont mis en place des sanctions contre nos partenaires pour répondre à ce qui est considéré comme l’annexion de la Crimée. Depuis 2017, avec l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, on aurait pu penser que nos relations avec les Russes allaient évoluer. Ce n’est pas arrivé.
Entre nos partenaires et Nice, l’amitié n’est pas nouvelle. 2021 marque notamment les cinq ans de la signature du Pacte d’amitié avec Moscou, dont le renouvellement est prévu pour 2022.
Lire notre débrief » Économie, stratégie… On fait le point sur la visite officielle de Christian Estrosi en Russie



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