À Marseille, le préfet des Bouches-du-Rhône a choisi d’appuyer là où ça fait mal : l’hyper-centre. Face aux trafics et à l’insécurité qui gangrènent la ville, Georges-François Leclerc refuse catégoriquement l’installation d’une Halte soins addictions, malgré la pression d’associations.
Le ton est donné ! Le représentant de l’État, qui dirige aussi la préfecture de police, a promis de « pilonner » les réseaux qui s’implantent jusque dans le cœur de Marseille. Plus question de laisser croire que la délinquance ne serait cantonnée aux quartiers Nord. Selon la police, neuf points de deal (au bas mot…) sont déjà recensés en centre-ville, alimentés par une consommation de cocaïne en plein essor.
Priorités
« Sur l’hyper-centre se concentrent nos priorités », a insisté le préfet. Impossible de séparer lutte contre immigration clandestine et lutte contre la criminalité, est-il expliqué. Les chiffres avancés par ses services parlent d’eux-mêmes : 65 % des délits du quotidien sont le fait d’étrangers. Une réalité qui alarme les riverains, déjà choqués par l’agression de cinq passants début septembre à Belsunce par un Tunisien en situation régulière souffrant de troubles psychiatriques.
Pour reprendre la main, 25 policiers supplémentaires ont été déployés dans les rues de l’hyper-centre depuis la rentrée. La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a détaillé l’utilisation des nouveaux outils de la loi « narcotrafic » : fermetures de commerces servant de planques ou de blanchiment, procédures accélérées contre les trafiquants, surveillance renforcée. Tolérance zéro ?
Refus d’une salle de shoot
En revanche, pas question pour Georges-François Leclerc de céder aux appels des associations qui réclament l’ouverture d’une Halte soins addictions.
« Je ne le souhaite pas », a-t-il tranché. De quoi raviver un débat qui secoue la cité phocéenne depuis des mois. Les partisans de ces lieux d’accueil assurent qu’ils permettraient de réduire les nuisances, mais les habitants, eux, redoutent d’y voir s’installer un appel d’air pour toxicomanes.
Le projet d’une telle structure avait d’ailleurs été suspendu en janvier 2024, malgré le soutien du procureur de Marseille, Nicolas Bessone, qui plaidait pour « affronter la réalité » plutôt que laisser les consommateurs errer dans la rue. Les HSA, nées dans les années 1980, sont présentes dans une centaine de villes européennes mais seulement deux en France, à Paris et Strasbourg, où leur phase d’expérimentation touche à sa fin.



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