Municipales 2026 - À Menton, la campagne municipale dépasse désormais largement le cadre communal. Derrière les rivalités de candidats, c’est l’avenir de la Communauté de la Riviera française (CARF) qui se retrouve au cœur du débat.
Interrogée par Menton-Presse, Alexandra Masson confirme viser directement Louis Sarkozy dans la lettre ouverte qu’elle a récemment adressée aux maires de la CARF. En cause ? Ce qu’elle décrit comme des « pressions » exercées sur plusieurs élus de l’agglomération.
« Il se sent légitime pour menacer certains maires, par SMS, verbalement et même publiquement lors de la présentation de son programme » affirme la députée. « Je ne réagis jamais aux rumeurs, mais là, c’est factuel. Il l’a dit, répété, et redit après la publication de ma lettre. »
« L’agglo ne veut pas être absorbée »
Selon elle, ces interventions remettent en cause l’équilibre actuel de la Communauté d’agglomération de la Riviera française. « Être maire, c’est porter des projets pour tout le territoire. Ce n’est ni de droite ni de gauche. Il y a des élus de sensibilités très différentes, mais on travaille dans un esprit républicain. Venir aujourd’hui les menacer de manière aussi violente, n’est pas un bon signal. »
Au-delà du climat politique, Alexandra Masson met surtout en garde contre un scénario qu’elle juge crédible. Un rapprochement forcé avec la Métropole Nice Côte d’Azur.

« J’y suis totalement opposée. Ce territoire veut rester autonome. La CARF a toutes les raisons d’être indépendante, avec des enjeux transfrontaliers majeurs. L’idée d’une fusion est une erreur fondamentale. »
Elle rappelle qu’il y a plusieurs années, cette hypothèse avait été évoquée, faute de dynamisme perçu de l’interco. « Cela n’a jamais été accepté localement. »
Pour la députée, le danger viendrait d’un alignement politique entre Menton et Nice. « Le seul qui ne serait pas un rempart contre cette absorption, c’est Louis Sarkozy, entouré de proches de Christian Estrosi. Ce dernier a dit à plusieurs reprises qu’il souhaitait intégrer la CARF à la Métropole. »
« Ici, ce n’est pas un système à la niçoise »
Alexandra Masson assume par ailleurs clairement ses ambitions intercommunales. Si elle était élue maire de Menton, elle se présenterait « naturellement » à la présidence de la Riviera française.
Avec quelle méthode ? « Ici, ce n’est pas un système à la niçoise. Chaque maire est vice-président, chaque commune a sa place. Il n’y a pas une ville-centre qui décide pour tout le monde. Les villages perchés, les communes du littoral… Ce sont des territoires très différents, avec des enjeux spécifiques. On ne peut avancer qu’ensemble. »
Quant à ses relations avec les exécutifs régionaux et métropolitains, Alexandra Masson se dit prête à travailler « avec tout le monde » dans l’intérêt du territoire, citant notamment Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons).
Elle évoque aussi l’éventualité d’une victoire de Éric Ciotti à Nice, qu’elle espère et qu’elle voit comme une garantie supplémentaire d’indépendance intercommunale. « Lui est favorable à une séparation claire entre la Métropole et la communauté d’agglomération. Ce territoire a besoin d’apaisement, pas de menaces. »










Avant de vanter ce projet, il serait bon présenter les impacts d’un rapprochement pour les habitants, sinon c’est du pur populisme idéologique.