Alors que le président Emmanuel Macron effectue une visite d’État à Monaco, focus sur les liens historiques, politiques, économiques et humains qui unissent étroitement la principauté à la France.
Monaco, micro-État de moins de 10.000 nationaux, partage depuis des siècles une coopération étroite avec la France. Sa Constitution de 1962 stipule une souveraineté exercée dans le cadre d’« accords particuliers » avec Paris. Résultat : la sécurité du territoire est assurée par l’État français, tout comme la mise à disposition de magistrats, fonctionnaires et enseignants.
Le ministre d’État, équivalent du Premier ministre, est toujours un Français, à l’image de Philippe Mettoux, fraîchement nommé. Plusieurs postes clés, dont l’Intérieur, la Justice ou la police, sont aussi occupés par des ressortissants français.
Des liens historiques jusqu’à l’armée
Depuis une alliance conclue en 1641 avec le royaume de France, la maison Grimaldi a bâti un destin mêlé à celui de l’Hexagone. Les titres nobiliaires du prince Jacques et de sa sœur Gabriella — marquis des Baux et comtesse de Carladès — rappellent cet héritage provençal et auvergnat.
Monaco a également dû sa survie politique au soutien de Napoléon III en 1860, qui lui a confirmé sa souveraineté et offert une voie ferrée stratégique. Longtemps, les princes eux-mêmes ont vécu à Paris, jusqu’à Rainier III, premier à naître sur le Rocher depuis le XVIIIe siècle.
La tradition militaire française est respectée chez les souverains : Louis II, Rainier III ou encore Albert II ont tous effectué leur service sous le drapeau tricolore, parfois dans des unités d’élite.
Monaco évolue au sein des championnats français, notamment en football avec l’AS Monaco, huit fois championne de France, et en basket. Des stars comme Thierry Henry ou Kylian Mbappé y ont fait leurs débuts professionnels, renforçant l’ancrage sportif entre les deux pays.
Tensions fiscales, attraction mondiale
La politique fiscale monégasque a souvent suscité des crispations, notamment en 1962, lorsque Charles de Gaulle a imposé un accord fiscal après un blocus douanier. Aujourd’hui, les Français domiciliés à Monaco restent imposables en France, freinant les installations tout en réduisant leur proportion dans la population, passée de 60% en 1962 à 22% en 2024.
La principauté continue néanmoins d’attirer les talents du monde entier. En 2024, 78.000 personnes y travaillent — dont 60% de Français — venant majoritairement des communes voisines, comme Nice. Une telle affluence pose des problèmes de transports, au point que Monaco milite pour la création d’un métro vers la Côte d’Azur.
Avec AFP










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