Municipales 2026 - À quinze jours du premier tour des municipales, le 15 mars, et avant un second tour le 22 mars, la campagne s’ouvre sur une forte incertitude, sur fond de paysage politique très fragmenté. Le scrutin est aussi vu comme un test avant la présidentielle de 2027, avec des ambitions affichées du RN, une droite qui rêve de Paris et une gauche bousculée par une polémique autour de la mort du nationaliste Quentin Deranque.
Les pronostics s’annoncent périlleux. C’est « le scrutin municipal le plus incertain depuis cinquante ans au moins », estime la sondeuse Adélaïde Zulfikarpasic, d’Ipsos BVA, y compris dans les plus grandes villes.
Cette incertitude vient notamment de la « très grande fragmentation du paysage politique » et du grand nombre de listes susceptibles de se maintenir au second tour, le 22 mars, selon le directeur d’étude de l’institut, Mathieu Gallard. « On a trois grands blocs (gauche, centre-droit, extrême droite) avec des divisions qui peuvent être fortes », souligne-t-il, évoquant des tensions au sein de la gauche ou entre macronistes et droite républicaine.
Le RN vise un symbole, Marseille
Ce flou nourrit les espoirs et les objectifs chiffrés. Jordan Bardella, président du RN, avance que « Plusieurs dizaines de communes » pourraient élire le parti lepéniste. Le RN met aussi en avant un nombre record de listes, au moins 650, sur un total d’environ 35.000.
Dans cette stratégie, Marseille est présentée comme un enjeu majeur. La deuxième ville de France est décrite comme le « joyau de la couronne » pour le RN, où son candidat Franck Allisio est annoncé au coude-à-coude avec la coalition de gauche du maire Benoît Payan.
Le RN voit ces élections comme un premier jalon vers une « alternance » en 2027. Mais une inconnue demeure autour de Marine Le Pen, déjà trois fois candidate à la présidentielle, dont la trajectoire pourrait être bouleversée si sa peine d’inéligibilité pour détournement de fonds se confirmait.
Paris, Nice, Lyon, Strasbourg, la carte des risques et des duels
La gauche, malgré ses divisions, espère mobiliser pour faire obstacle. Le Parti socialiste, affaibli au niveau national, conserve un ancrage local important. À Paris, la bataille est annoncée serrée pour conserver la capitale, face à Rachida Dati, candidate Les Républicains.
Sur la Côte d’Azur, Nice apparaît comme l’un des duels les plus observés. Deux anciens piliers LR, partis dans des directions opposées, Christian Estrosi et Eric Ciotti, s’y affrontent.
Du côté des Ecologistes, l’objectif est surtout d’éviter une déconfiture. Après avoir gagné une dizaine de grandes villes en 2020, ils peinent à transformer l’essai, et des places comme Lyon et Strasbourg sont citées parmi celles qui pourraient basculer.
LFI fragilisée, macronistes en retrait…
La France Insoumise veut faire des municipales un tour de chauffe avant 2027 en étoffant un maillage local jugé encore maigre. Mais cette ambition a été heurtée par la mort du nationaliste Quentin Deranque en février, « sous les coups de militants d’ultragauche ». LFI est accusée par ses rivaux, y compris au sein de la gauche, d’encourager un climat de violence.
Le sujet dépasse les frontières. Après la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a évoqué un « climat de haine idéologique » en Europe, l’administration de Donald Trump a dénoncé la violence d’extrême gauche.
Pour le camp présidentiel, l’effet « vote sanction » est relativisé : le parti d’Emmanuel Macron « est très peu présent au niveau local », explique Bruno Jeanbart, d’OpinionWay.
Au-delà des partis, les municipales servent aussi de test à des figures regardées pour 2027. Edouard Philippe, chef d’Horizons, joue gros au Havre, où il brigue sa réélection avant de se projeter vers la présidentielle, mais un sondage récent le donne perdant.
Les stratégies du second tour seront particulièrement scrutées : qui s’alliera avec qui, le PS et LFI trouveront-ils un terrain commun, la droite tendra-t-elle la main au RN. Et si les municipales reposent en grande partie sur des enjeux locaux, leurs résultats sont aussi lus comme des indices sur les priorités des Français, avec la sécurité, le pouvoir d’achat, la santé et l’environnement souvent cités très haut dans les sondages.
Ce qui est important
- À quinze jours du scrutin, la fragmentation du paysage politique rend l’issue très incertaine, y compris dans les grandes villes.
- Le RN vise un nombre record de listes et place Marseille au centre de sa stratégie, tout en se projetant déjà vers 2027.
- Nice, Paris, Lyon, Strasbourg et Le Havre concentrent des duels et des risques politiques qui seront observés jusqu’aux alliances du second tour.
Nice-Presse avec agence
Municipales 2026, qui sont les candidats déclarés à Nice ?
- Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons)
- Éric Ciotti (UDR-Rassemblement national)
- Juliette Chesnel-Le Roux (Socialistes, communistes, Verts)
- Mireille Damiano (La France Insoumise, Viva)
- Céline Forjonnel (Démocratie directe)
- Cédric Vella (Reconquête, extrême droite)










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