Municipales 2026. La députée du Rassemblement national Laure Lavalette officialise sa candidature à la mairie de Toulon, profitant d’une succession municipale fragilisée après la chute d’Hubert Falco. Sans afficher d’étiquette partisane, mais soutenue par le RN, elle entend incarner une alternative fondée « sur la proximité, la sécurité et un rééquilibrage entre les quartiers », dans une ville où le RN enregistre depuis plusieurs années des scores élevés.
À Toulon, la bataille municipale est lancée. Et Laure Lavalette compte bien s’y imposer. Dans une ville de 180.000 habitants réputée calme, la députée RN avance sans logo de parti et avec une promesse centrale : tourner la page d’une ère secouée par des affaires et ouvrir un nouveau cycle.
Laure Lavalette, candidate à la mairie de Toulon, dans #HDPros : « Je vais réarmer moralement la police municipale et augmenter les effectifs. La sécurité sera le fil rouge » pic.twitter.com/GPKs4qbVmV
— CNEWS (@CNEWS) January 6, 2026
Une candidature sans étiquette, mais clairement soutenue par le RN
Dans une « lettre aux Toulonnais », Laure Lavalette se présente simplement : « Je m’appelle Laure, mère de famille de 49 ans et je me présente pour vous servir comme prochain maire de Toulon ». Sous le slogan « Un avenir pour Toulon », accompagné d’un soleil, elle apparaît en veste blanche, sans référence visible au Rassemblement national.
Sur 59 colistiers annoncés, 30 ne seraient pas encartés. Les symboles partisans sont soigneusement écartés, jusqu’à la disparition de la photo de Jordan Bardella, omniprésente lors des dernières législatives. La candidate reste « soutenue par le RN ».
La fin de l’ère Falco ouvre une fenêtre politique
Cette offensive s’inscrit dans un contexte local inédit. Après 22 ans à la tête de la ville, Hubert Falco a été démis de ses mandats par la justice dans une affaire de détournement de fonds. Une chute brutale qui fragilise sa succession et rebattre les cartes à droite. Le RN, déjà victorieux à Perpignan et Fréjus, nourrit depuis de fortes ambitions à Toulon.
Le Var est en effet un terrain électoral favorable. Aux dernières législatives, le parti à la flamme a remporté sept des huit circonscriptions. Seule exception : Toulon, conservée par un proche d’Hubert Falco, rallié au macronisme. Laure Lavalette se montre confiante : « On a des grandes chances de victoires. Le Var est patriote », estimait-elle récemment auprès de l’AFP.
Sécurité, quartiers et finances au cœur du projet
Si elle reconnaît que Falco a fait « de bonnes choses », notamment en matière de rénovation, la députée critique un déséquilibre territorial. Selon elle, le centre-ville aurait été « surgâté » au détriment d’autres secteurs comme le Pont du Las, qu’elle qualifie de « quartier complètement abandonné ». Elle affirme y avoir recensé « 23 kebabs et barbiers à moitié vides », symbole selon elle d’un déclin commercial.
Sur son premier tract, Laure Lavalette promet que « chaque quartier soit considéré avec le même intérêt et les mêmes moyens ». Elle met également en avant la volonté de rétablir la sécurité grâce à une « véritable police de proximité », de lancer un plan de réfection des trottoirs et de créer des îlots de verdure. Elle assure enfin vouloir garantir « la bonne tenue des finances ».
« Lepéniste tendance sudiste »
Mère de cinq enfants, Laure Lavalette s’est imposée médiatiquement à partir de 2022 comme porte-parole de Marine Le Pen. Décrite par Le Monde comme « lepéniste tendance sudiste », elle revendique une proximité assumée avec elle et Jordan Bardella : « Je suis amie avec les deux ».
Originaire d’Aquitaine, elle a commencé à militer à l’université de droit de Bordeaux, avant une première candidature cantonale à Bègles en 1998. Mariée à un Toulonnais, elle revient durablement dans le Var, connaît plusieurs mandats locaux, puis est élue députée de la 2e circonscription en 2022, avant d’être réélue en 2024 dès le premier tour.
Face à elle, la compétition s’annonce dense. Le sénateur Les Républicains Michel Bonnus, soutenu par Hubert Falco, est en lice. Josée Massi, actuelle maire et ancienne première adjointe, pourrait clarifier ses intentions mi-janvier. À gauche, l’universitaire Magali Brunel mènera la liste « Toulon en commun ». Laure Lavalette, elle, n’hésite pas à critiquer la gestion de la succession Falco, dénonçant un climat local qu’elle juge « sexiste et macho ».
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP






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