A l’approche des municipales de mars et à moins d’un an et demi de la présidentielle, l’idée d’un rapprochement des droites circule de plus en plus, tandis que Les Républicains entretiennent une ligne floue avec des prises de position qui se contredisent.
La confusion s’est amplifiée mercredi lorsque Laurent Wauquiez et Bruno Retailleau ont tenu des propos divergents : le premier a défendu sur TF1 un front « tout sauf LFI » aux municipales, quitte à voter pour un candidat RN, tandis que le second a vivement critiqué quelques minutes plus tard sur Sud Radio le même Rassemblement national pour son « ADN socialiste ».
Autre illustration du désordre interne : Bruno Retailleau et Eric Ciotti ont mis en ligne à quelques minutes d’écart deux pétitions distinctes mais visant toutes deux à appuyer les médias associés à Vincent Bolloré, malgré des lignes politiques opposées.
Pour préserver la liberté d’expression, non au projet de labellisation des médias. Je vous invite à signer la pétition que je viens de lancer.https://t.co/DFsI7J6bcq
— Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) December 2, 2025
Cette cacophonie se retrouve aussi dans les sondages, comme celui d’Odoxa pour Le Figaro publié il y a quinze jours, montrant que les sympathisants LR se divisent à parts égales entre un rapprochement avec le RN ou avec le camp présidentiel.
À mesure que les municipales approchent, la ligne du parti demeure incertaine : à Paris, Bruno Retailleau soutient Rachida Dati, suspendue après son entrée au gouvernement Lecornu, tandis qu’à Béziers, Robert Ménard affronte une candidature RN malgré sa proximité passée avec ce parti.
Une droite fragmentée en pleine bataille stratégique
La candidate LR à Marseille, Martine Vassal, a relancé le débat en refusant lundi de se prononcer clairement sur une éventuelle alliance avec le RN au second tour, provoquant un vif émoi.
Cette position a amené Laurent Wauquiez à rappeler que l’objectif collectif est de faire barrage à LFI : « Cela veut dire voter blanc, ça veut dire voter pour ceux qui sont en face, quel que soit le parti », a-t-il précisé.
En se concentrant exclusivement sur le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, le patron des députés LR s’est montré plus tranchant que Bruno Retailleau, dont les déclarations d’octobre appelant à ne donner « pas une seule voix pour la gauche » avaient déjà alimenté les spéculations sur une union des droites.
L’entourage de Laurent Wauquiez réfute néanmoins tout rapprochement officiel avec le RN, décrit comme « un mariage forcé entre deux partis qui n’en veulent pas », malgré les appels réguliers de Marine Le Pen et Jordan Bardella adressés aux électeurs de droite plutôt qu’à leurs responsables.
En revanche, la volonté d’organiser une primaire pour désigner un unique candidat de droite à la présidentielle est assumée, une idée défendue par Laurent Wauquiez pour départager les aspirants déjà déclarés, de « Gérald Darmanin à Sarah Knafo ».
Cette proposition est loin de faire consensus : un soutien du député de Haute-Loire dit avoir « beaucoup de mal » à inclure les zemmouriens dans ce processus, tout en soutenant une grande primaire ouverte pour revitaliser la droite.
Du côté d’Eric Ciotti, les réticences sont encore plus vives : « Sarah Knafo est encore plus à droite que le RN », s’agace un proche, alors que le député brigue la mairie de Nice face à Christian Estrosi, sans que LR n’ait encore arrêté de position officielle.
Le camp Ciotti observe par ailleurs que seuls Xavier Bertrand et Michel Barnier rejettent désormais publiquement toute entente avec le RN, ce dont il se félicite, tandis qu’une part importante des Républicains privilégie plutôt des discussions avec la macronie.
Un cadre d’Horizons confirme d’ailleurs cette prudence : « On est en train de préparer les municipales. On se parle. Il n’y a pas de raison de taper sur eux », affirme-t-il.
- Ce qu’il faut retenir : Les Républicains affichent une ligne confuse entre rejet, rapprochement ou concurrence avec le RN. La perspective des municipales exacerbe les contradictions internes du parti. Plusieurs dirigeants cherchent une voie commune pour 2027, mais aucune stratégie unifiée ne se dégage.
Avec AFP






