Au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis), le patron de LR Bruno Retailleau a dénoncé jeudi 112 « accords de la honte » conclus dès le premier tour des municipales entre LFI et d’autres formations de gauche. Le PS, par la voix de son secrétaire général Pierre Jouvet, a répliqué en visant des accords entre la droite et l’extrême droite.
Devant la presse, Bruno Retailleau a choisi un décor et un message. « Je suis venu au Blanc-Mesnil (93) dénoncer ce que j’appelle les accords de la honte », a-t-il déclaré, aux côtés de Thierry Meignen, tête de liste de la droite dans cette commune. Le candidat affirme y affronter « deux listes d’extrême gauche qui revendiquent le logo LFI ».
112 communes pointées du doigt par LR
Le président de LR a présenté un décompte précis. Selon lui, il existe 112 communes « dans lesquelles des accords ont lieu au premier tour entre LFI et au moins un des trois autres principaux partis de gauche », c’est-à-dire les socialistes, les écologistes et les communistes.
Dans le détail, Bruno Retailleau avance que 44 accords rassemblent les quatre formations de gauche. Il cite notamment plusieurs préfectures, comme Chartres, Beauvais ou Niort.
Sur le ton, le dirigeant LR a durci les mots. « C’est une bande de tartuffes », a-t-il lancé à propos de dirigeants de gauche, leur reprochant « l’incroyable hypocrisie » et les appelant à « clarifier leur position ».
Marseille au cœur des inquiétudes pour le second tour
Au-delà des accords qu’il dit recenser dès le premier tour, Bruno Retailleau dit redouter des rapprochements au second tour dans plusieurs villes. Il a évoqué Marseille en particulier, assurant que le maire sortant proche des socialistes Benoît Payan « a d’ores et déjà tendu la main » au député LFI Sébastien Delogu.
Dans ce contexte, le patron de LR a conseillé à la candidate de la droite Martine Vassal, annoncée distancée dans les sondages, de se maintenir au second tour.
Le PS contre-attaque et vise la droite et l’extrême droite
La riposte socialiste a pris la forme d’une charge directe. Le secrétaire général du PS Pierre Jouvet a qualifié Bruno Retailleau de « menteur » mercredi, sur Public Sénat.
Pierre Jouvet a contesté l’idée d’accords PS-LFI tels qu’ils seraient mis en avant dans certains exemples médiatisés. « Dans les quelques exemples que la presse essaye de faire mousser, où ils dressent soi-disant des accords entre le PS et France insoumise, ce sont des listes citoyennes (et locales) qui n’ont pas été validées par la direction nationale du PS », a-t-il affirmé.
Le responsable socialiste a ajouté disposer lui aussi d’une « liste de 15 pages » sur des accords entre LR et l’extrême droite. Il a notamment cité Bourg-en-Bresse, où des personnalités locales des Républicains figurent sur la liste de Benoît de Boysson (Reconquête).
Bruno Retailleau a rejeté cette critique. « Parlons-en de Bourg-en-Bresse, nous avons interdit l’utilisation de notre logo sur cette liste et nous avons refusé de les investir », a-t-il répondu.
Sur le front de la gauche, cette séquence intervient après des polémiques qui ont marqué la campagne de LFI. Le PS a pris ses distances cette semaine avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, en dénonçant « des caricatures complotistes et propos antisémites intolérables ».
De son côté, LFI met en avant son engagement dans la campagne municipale. En plus des 380 villes où elle conduit une liste, LFI dit être engagée dans 124 listes de gauche, conduites par des candidats sans étiquette, des Ecologistes, des communistes, des partis d’outre-mer et, dans une demi-douzaine de cas par des socialistes. Le mouvement estime aussi que les quatre partis de gauche sont réunis, le plus souvent dans des listes citoyennes, dans une cinquantaine de villes.
Ce qui est important
- La bataille des municipales se tend autour des alliances dès le premier tour, avec 112 communes ciblées par Bruno Retailleau et une riposte immédiate du PS.
- Marseille est citée comme un point de crispation possible pour le second tour, Bruno Retailleau évoquant un geste de Benoît Payan envers Sébastien Delogu et appelant Martine Vassal à se maintenir.
- Le duel politique se joue aussi sur la légitimité des listes locales et l’usage des logos, avec l’exemple de Bourg-en-Bresse opposant les arguments du PS et la réponse de Bruno Retailleau.
Nice-Presse avec agence



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