Municipales 2026 - À un mois des municipales des 15 et 22 mars, plusieurs grandes villes françaises pourraient changer de majorité. Du Rassemblement national à La France insoumise, du Parti socialiste aux écologistes, chaque camp avance ses pions dans des territoires clés où divisions locales, scandales ou dynamiques nationales rebattent les cartes.
La bataille ne se jouera pas seulement à Paris, Lyon ou Marseille ! Dans de nombreuses communes, les équilibres semblent fragiles et les états-majors affûtent leurs stratégies. Derrière les grandes affiches nationales, ce sont des ancrages locaux qui pourraient vaciller.
Le RN vise Toulon et le pourtour méditerranéen
Le Rassemblement national nourrit de fortes ambitions à Toulon. Dans ce port militaire, l’ancienne municipalité dirigée pendant 22 ans par Hubert Falco, rallié au macronisme et condamné pour détournement de fonds, laisse une droite divisée. La députée RN Laure Lavalette pourrait tirer profit de ce contexte. Le parti de Jordan Bardella, déjà victorieux à Fréjus et Perpignan, enregistre d’excellents scores sur le pourtour méditerranéen.
Le RN regarde aussi vers Carcassonne, Cagnes-sur-Mer, Menton et Lens, autant de villes où il espère transformer ses résultats électoraux en conquêtes municipales.
Roubaix et la banlieue parisienne dans le viseur de LFI
À Roubaix, le député insoumis David Guiraud s’est lancé très tôt dans la campagne. À 33 ans, il espère offrir à La France insoumise sa première ville de près de 100.000 habitants. Il mise sur la division entre le centre, qui détient la mairie, et la droite, pour transformer en victoire le score de 52.5% réalisé par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle.
La tâche s’annonce délicate, d’autant qu’une liste divers gauche entend éviter la nationalisation du scrutin. Les Insoumis se disent également bien placés à Saint-Denis, La Courneuve et Evry.
Strasbourg et Saint-Etienne, enjeux majeurs pour le PS
Du côté du Parti socialiste, Strasbourg figure parmi les cibles prioritaires. L’ancienne maire Catherine Trautmann, ministre entre 1997 et 2000, pourrait reprendre la ville à l’écologiste Jeanne Barseghian, élue en 2020. Très critique sur la gestion actuelle, elle bénéficie d’un contexte fragmenté avec deux listes distinctes pour le centre et la droite, ainsi qu’une liste conduite par LFI.
À Saint-Etienne, le PS espère profiter du retentissant scandale de la sextape pour ravir la mairie à LR. Amiens constitue également un objectif, notamment depuis le soutien apporté par François Ruffin à la liste socialiste.
Nîmes et Le Havre, terrains stratégiques pour le PCF
Exceptionnellement rassemblée, la gauche pourrait l’emporter à Nîmes sous bannière communiste, dans une ville détenue depuis près de 25 ans par la droite. Les deux adjoints du maire sortant s’y affrontent sur deux listes distinctes, l’une LR, l’autre ex-LR ralliée aux centristes. À cela s’ajoute la candidature du vice-président du RN, Julien Sanchez.
Au Havre, Jean-Paul Lecoq, à la tête d’une liste de gauche unie hors LFI, souhaite faire vaciller l’ancien Premier ministre et maire sortant Edouard Philippe, qui a conditionné sa candidature à la présidentielle à une victoire aux municipales. Troisième formation en nombre d’élus locaux, le PCF veut aussi conserver Montreuil, Vitry-sur-Seine et Vénissieux.
Centre droite et écologistes face à des équilibres incertains
Dans une logique d’alliance centre droite, Besançon et Bordeaux pourraient être arrachées aux écologistes. À Besançon, le LR Ludovic Fagaut, soutenu par le MoDem, espère l’emporter après avoir échoué à moins de 600 voix en 2020, malgré la présence d’une liste Renaissance et Horizons. À Bordeaux, l’ancien ministre Thomas Cazenave tente de reprendre la ville au maire écologiste.
Mais la capitale girondine pourrait aussi rester verte. Le scrutin s’annonce serré. Les écologistes devraient conserver Grenoble et Tours, et peut-être Poitiers. Leur cheffe, Marine Tondelier, reconnaît être en difficulté à Lyon et Strasbourg, tout en estimant possible des gains à Lorient, Mulhouse ou Fécamp.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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