À Menton, Sandra Paire (ex-Les Républicains), candidate déclarée pour la prochaine élection municipale, revendique son ancrage local, une ligne ferme sur la sécurité, la gestion financière et le logement. Entretien avec une candidate qui veut remettre « du bleu dans la ville » et redonner de l’élan à Menton avec ces projets structurants.
Menton-Presse : Vous faites de la sécurité votre priorité. Pourquoi ?
Sandra Paire : Menton reste une ville agréable, il ne faut pas mentir aux gens. Mais l’État s’est désengagé. Il y a moins de dix ans, on comptait 147 policiers nationaux. Aujourd’hui, ils sont 74, dont une vingtaine d’administratifs, pour couvrir trois communes. Les policiers eux-mêmes nous disent qu’ils doivent choisir entre une agression et un vol. Ce n’est plus tenable.
Alors que faire ?
Massivement renforcer la police municipale. Aujourd’hui, nous avons 32 agents. Je veux augmenter les effectifs de 50 %, pour atteindre le seuil des 48, créer une brigade d’intervention de nuit, renforcer la vidéoprotection et surtout réinstaurer de l’îlotage. La présence physique rassure. Je l’ai toujours dit : il faut remettre du bleu dans la ville.
La vidéosurveillance, vous y croyez vraiment ?
Oui, mais à condition qu’il y ait des effectifs derrière. La vidéo permet d’analyser, de faire avancer les enquêtes, mais encore faut-il avoir des policiers pour exploiter les images. Aujourd’hui, nationaux comme municipaux le disent : il manque du personnel.
Quel est l’état des finances de la Ville ?
Le budget de Menton est d’environ 107 millions d’euros, avec entre 16 et 20 millions d’investissement par an. Mais la première chose que je ferai, ce sera un audit complet. Avec toutes les procédures en cours, notamment sur les plages, on ne sait pas dans quel état on récupérera la cité.
Vous craignez de mauvaises surprises ?
(Sourire) Je crains un écart entre les chiffres présentés et la réalité. Les plages privées ont été budgétées à 1,9 million d’euros, sans savoir comment les contentieux vont se terminer. Il y a aussi le port, la SPL, des investissements lourds sans vision claire. En tant que cheffe d’entreprise, je sais que l’on doit gérer avec rigueur. Les Mentonnais paient des impôts élevés, ils sont en droit d’avoir un service à la hauteur.
Le logement est aussi un sujet central à Menton. Que proposez-vous ?
Il n’y a quasiment plus de droits à bâtir. Donc la priorité, c’est de réhabiliter l’existant. Menton compte près de 30.000 logements, dont 43 % de résidences secondaires. C’est à la fois la preuve de l’attractivité, et un vrai problème pour les habitants.
Airbnb est-il le principal responsable ?
À Menton, on compte environ 2140 Airbnb. Ce n’est pas rien, mais le vrai levier, c’est la loi Le Meur, qui permet aux copropriétés de limiter les locations touristiques. Cela va remettre des biens sur le marché de la location ou de la vente.
Il faut aussi travailler avec les bailleurs sociaux : aujourd’hui, des couples âgés occupent de grands logements mais ne peuvent pas déménager dans du plus petit, car cela leur coûterait plus cher. Il faut organiser une vraie bourse d’échange. Je veux aussi favoriser l’accession à la propriété pour les primo-accédants. C’est un enjeu majeur pour garder les familles.

Si vous êtes élue maire, quelles seraient vos premières décisions en matière de sport et de jeunesse ?
Nous allons créer deux complexes sportifs sur le territoire, avec gymnases, salles de danse, judo, tir à l’arc, et des maisons de la jeunesse intégrées. L’un d’eux se situera notamment autour du site du Val de Gorbio, qui a un potentiel énorme !
Pourquoi est-ce si important ?
Parce qu’aujourd’hui, les jeunes nous disent qu’il n’y a rien à faire. Les terrains sont fermés, il n’y a pas d’espaces accessibles. Le sport, c’est aussi de la prévention, de l’éducation, du lien social. Nous accompagnerons davantage les associations, avec des subventions assorties de conventions d’objectifs.
Vous insistez aussi sur la petite enfance.
(Elle coupe) Parce que la qualité de vie commence là. Les crèches ont des amplitudes horaires qui ne correspondent pas aux besoins des parents et ferment en août. Ce n’est plus acceptable. Nous élargirons les horaires, maintiendrons des structures ouvertes l’été, créerons une nouvelle crèche au Borrigo et développerons une micro-crèche ainsi qu’une Maison des 1000 premiers jours, en lien avec le Département des Alpes-Maritimes.
Et pour soutenir le commerce ?
Je propose une heure de stationnement gratuit pour tous, deux heures pour les Mentonnais, et une baisse du tarif horaire. C’est une mesure forte, négociée avec le délégataire, pour redonner de l’oxygène au commerce de proximité et éviter les voitures ventouses.
Quel regard portez-vous sur le mandat en cours ?
Je le dis clairement : c’est un mandat catastrophique. En termes de réputation, de gestion, d’investissements mal calibrés. Les plages en sont un exemple frappant. Menton a une mentalité de village. Chaque quartier a ses besoins, ses attentes. Il faut être disponible, accessible, à l’écoute.
Votre liste ne présente pas d’étiquette. Êtes-vous toujours déçue par la décision de votre ex-parti, Les Républicains, d’investir Louis Sarkozy à votre place ?
J’ai toujours été fidèle aux Républicains : élue municipale sous l’étiquette LR, élue régionale, suppléante aux sénatoriales. Et là, on apporte un soutien à quelqu’un qui n’a jamais été encarté LR, sans même avoir la décence de m’en informer en amont ! Quand on parle de loyauté, elle doit être réciproque. Je lui ai dit très clairement que la démarche était cavalière. Arriver en disant : « vous êtes connue, venez avec moi », alors que j’avais annoncé ma candidature depuis janvier 2025, ce n’était pas acceptable. J’ai pris des engagements, je les tiens. Et je pars pour gagner.









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