Le gouvernement a annoncé qu’un projet de loi, examiné « au premier semestre 2026 », portera de nouvelles dispositions afin de durcir l’arsenal, notamment judiciaire, face au narcotrafic.
L’exécutif entend proposer des « mesures législatives pour adapter encore notre arsenal à cette menace », avec en particulier l’alignement des réductions de peine et des règles de libération conditionnelle applicables aux narcotrafiquants sur celles prévues pour les terroristes, a expliqué le Premier ministre lors d’un débat à l’Assemblée nationale.
La discussion s’est conclue par un vote symbolique, sans effet contraignant, au terme duquel les députés ont approuvé la déclaration du gouvernement. Le Sénat a adopté la même position à l’unanimité en fin de soirée, après un échange comparable. Cette séquence visait aussi à faciliter l’adoption du budget 2026, annoncée comme complexe.
Projet de loi « Sure » : quelles règles plus strictes contre les narcotrafiquants en 2026 ?
Les nouvelles dispositions sur le narcotrafic doivent être intégrées au projet de loi « Sure », porté par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, et présenté comme destiné à garantir une « sanction utile, rapide et effective », selon le ministère de la Justice.
Le texte prévoit notamment d’interdire les permissions de sortie pour les détenus affectés aux quartiers haute sécurité, qui ne pourraient bénéficier d’un aménagement de peine qu’après avoir exécuté les deux tiers de leur condamnation.
Il est également envisagé de plafonner les réductions de peine à un tiers de la sanction prononcée.
Le gouvernement réaffirme une lutte déterminée contre le narcotrafic. « Nous sommes tous concernés. Nous devons tous mener ce combat collectif », a insisté le chef du gouvernement.
Plusieurs ministres ont pris la parole au cours du débat. Gérald Darmanin a indiqué qu’un décret sur le statut de « repenti » serait publié « avant la mi-janvier ».
De son côté, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a pointé « les problèmes d’attractivité » des métiers de la justice, en rappelant que le sujet « dépend surtout de l’adoption du budget », lequel prévoit la création de « 700 emplois dans la filière judiciaire, dont 300 qui seront directement affectés au narcotrafic ».
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a alerté sur l’évolution des usages : « En 2023, 14,6% des adultes de 18 à 64 ans ont déjà consommé au moins une fois une drogue illicite autre que le cannabis, une hausse de 50% par rapport à 2017 ». Elle prépare une campagne nationale de prévention au premier trimestre 2026.
Le narcotrafic occupe une place centrale dans l’actualité depuis l’assassinat, le 13 novembre à Marseille, du jeune Mehdi Kessaci, tué sans doute pour intimider son frère Amine, engagé contre les trafics.
À Marseille mardi, Emmanuel Macron a assuré vouloir traquer les têtes de réseaux opérant depuis l’étranger et renforcer la réponse à l’égard des consommateurs de stupéfiants.
Dans l’hémicycle, la députée Horizons Agnès Firmin-Le Bodo a dénoncé des réseaux qui se sont « internationalisés, structurés et développés jusqu’à devenir aujourd’hui (…) une des principales menaces » du pays.
À l’inverse, le député GDR de Guyane Davy Rimane a mis en garde : « incarcérer toujours plus (…) sans politique de prévention, sans traitement des causes sociales, c’est engorger les prisons » et « renforcer les réseaux » qui recrutent « dans une société où l’ascenseur social est en panne ».
- Ce qu’il faut retenir : Le gouvernement prévoit un projet de loi au premier semestre 2026 pour renforcer la réponse contre le narcotrafic, notamment en durcissant certaines règles de peine et de libération conditionnelle. Le texte « Sure » doit inclure des mesures sur les quartiers haute sécurité, les permissions de sortie et le plafonnement des réductions de peine, ainsi que des annonces sur le statut de « repenti » et des moyens pour la justice. Le sujet s’inscrit dans un contexte de fortes tensions autour du narcotrafic, avec des débats sur l’équilibre entre répression, prévention et causes sociales.
Avec AFP







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