Après avoir hésité tout l’été, le président des Alpes-Maritimes a choisi de maintenir Eric Ciotti dans sa majorité, malgré son alliance électorale avec Marine Le Pen. Les écologistes s’étranglent.
Il y eut, un peu, de suspense. Mais finalement, le 4 septembre, Charles Ange Ginésy a confirmé devant les élus et la presse qu’Eric Ciotti reste dans sa majorité, même s’il en perd la présidence. Toutefois, celui qui a fondé son propre parti de droite, l’UDR, reste le patron de la très stratégique commission des finances.
Dans les rangs de l’assemblée locale, son union avec le RN au cours des dernières législatives n’a pas fait que des heureux, sans soulever de majorité contre lui pour autant. Le président du conseil départemental a mis fin au débat - pour l’instant - en plaidant pour un « patriotisme départemental ». Quitte à se retrouver dans une situation un brin baroque, avec un Eric Ciotti qui torpille à Paris le gouvernement LR de Michel Barnier, tout en faisant partie… du groupe LR dans les Alpes-Maritimes.
Alors que celui qui est aussi député UDR du centre-ville niçois s’en tire très bien - il a été applaudi par ses pairs au Département - les Verts niçois et nationaux dénoncent vivement cette situation.
« Nous ne laisserons pas faire »
Ainsi, Marine Tondelier, la très médiatique Secrétaire nationale des Écologistes-EELV, a dénoncé le 5 octobre ces LR qui « ont choisi le déshonneur. Ils ont décidé de siéger au sein du même groupe que M. Ciotti et ses acolytes (Christelle d’Intorni et Bernard Chaix, NDLR) qui ont pourtant renoncé à tout républicanisme en s’alliant avec l’extrême droite ».
« C’est donc la première fois que la droite qui se prétend républicaine va co-gérer un département français avec l’extrême droite ».

Accompagnée de Juliette Chesnel-Le Roux, la cheffe de file des écologistes au conseil municipal niçois, elle regrette que « le RN place clairement le Sud-Est dans sa stratégie de conquête du pouvoir. M.Ciotti est l’idiot utile de cela, prêt aux pires compromissions pour conquérir la ville de Nice en 2026 » face à son grand rival Christian Estrosi.
Ces derniers jours, Marine Tondelier avait adressé un courrier au maire de Cannes, David Lisnard, également élu départemental, pour l’appeler à empêcher cette situation. Las, l’édile était en déplacement à l’étranger alors que se tenait la plénière de rentrée…
« Nous en appelons à une clarification des instances nationales des Républicains : valident-elles cette alliance honteuse ? Les Alpes-Maritimes sont-elles le laboratoire d’une stratégie nationale en vue des municipales ? Nous ne laisserons pas faire !»






