Après ses sorties sur une « inaction de l’État » contre l’insécurité, Christian Estrosi s’est attiré les foudres d’un syndicat de policiers nationaux. Dans la foulée, les déclarations du préfet Laurent Hottiaux n’ont pas calmé les choses.
À plusieurs reprises ces derniers mois, Christian Estrosi a manifesté un très vif mécontentement à propos des moyens déployés par l’État pour la sécurité. En octobre dernier, après une énième fusillade aux Moulins, il avait par exemple certifié qu’il était « inacceptable que la police nationale, voire l’armée dont j’ai réclamé à plusieurs reprises le déploiement, n’occupe pas le terrain en permanence. »
Des propos répétés peu ou prou dans un autre contexte, en novembre, dans les quartiers de l’Est niçois. Sa volonté d’instaurer une « brigade anti-stup » au sein de la police municipale, immédiatement balayée par le préfet des Alpes-Maritimes dans Nice-Presse, allait dans ce sens. Le maire-candidat estime que « les dispositifs actuels sont insuffisants », comme il nous l’avait confié le 28 novembre.
Le maire « jette le discrédit » sur les policiers
Forcément, ces sorties n’ont pas plu aux principaux concernés. Ainsi, le syndicat Alliance 06 s’en est agacé. « En désignant publiquement ‘l’inaction de l’État’, monsieur le maire jette le discrédit sur ceux qui l’incarnent concrètement sur le terrain : les policiers nationaux niçois, regrette-t-il dans un communiqué. Ces déclarations, excessives et injustes, laissent entendre que nos collègues seraient absents, passifs ou déconnectés de la réalité. »
🚔👮 DANS LES ALPES-MARITIMES, LA POLICE À LA PEINEhttps://t.co/iS02RfhNnV pic.twitter.com/vE9cYQnfEO
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) September 28, 2025
Assurant que ses membres sont « présents, engagés et opérationnels 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans l’ensemble des quartiers », l’organisation syndicale relève que « le manque d’effectifs est un fait structurel et documenté » qu’elle « dénonce avec constance ». Cependant, elle exige que ce « déficit chronique » ne serve pas « d’outil de communication ou de levier politique ». Elle ajoute : « Encore moins pour désigner implicitement des responsables parmi ceux qui en sont les premières victimes…»
Dès lors, le syndicat appelle Christian Estrosi « à cesser les raccourcis simplistes et les procès d’intention ». Et entend que le premier magistrat de la Baie des Anges « adopte une posture responsable et respectueuse du travail des forces de l’ordre. »
Estrosi « réaffirme son soutien »
Le président de la Métropole leur a en tous les cas répondu, dans un courrier qui nous a été transmis. Clamant qu’il « n’a jamais mis en cause la police nationale », il dit reconnaître « les difficultés » auxquelles elle fait face, « avec un manque de moyens, notamment pour l’investigation. » Et déplore que « les opérations ne puissent être aussi nombreuses que je le souhaiterais ».
En conclusion de ce document daté du 1er décembre, le vice-président du parti Horizons « réaffirme sans ambiguïté son soutien inconditionnel à la police nationale. »
🔴 Un @prefet06 sans fiches et surtout sans langue de bois dans Nice-Presse Dimanche
— Clément Avarguès (@ClementAvargues) December 7, 2025
En cette toute fin 2025, Laurent Hottiaux révèle le bilan des services de l’État contre la délinquance et le narcotrafic. Mais pas seulement…#NICE06 @PoliceNat06
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Laurent Hottiaux en a rajouté une couche à notre micro le 5 décembre. Reprenant les mots de Christian Estrosi sur le déploiement de l’armée dans les zones sensibles, le préfet des Alpes-Maritimes a glissé que cette proposition revenait à « ne méconnaître son rôle, à méconnaître l’action de la PN et des gendarmes. Je le prends comme une forme de défiance à l’égard de nos policiers. »







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