Municipales 2026 - Partie 1/2 - Quelques jours après son premier meeting de campagne, Christian Estrosi met en garde les électeurs contre les méthodes du RN, un parti qui appliquerait le principe du « Vous faites comme je veux, sinon, nous vous priverons de tout ». Et répond aussi aux questions sur ses activités dans le secteur privé : « Je suis mobilisé à 300% pour Nice, jour et nuit, tout le monde le sait ».
🔴 ALERTE INFO - Christian Estrosi annonce dans Nice-Presse son intention de lancer des plans de rénovation pour 3️⃣ quartiers historiques
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) November 28, 2025
🚧 L’une des opérations serait « sans précédent depuis 50 ans » par son ampleur#NICE06 @cestrosi
➡️ https://t.co/mxTlbsfk2J pic.twitter.com/RZzbmLKydu
Nice-Presse : Vous lanciez votre campagne samedi, avec un meeting certes « positif », mais aussi avec gravité, puisque vous pointez le danger des « affairistes », du « retour en arrière », quand Nice était minée par la pègre et sa mauvaise réputation. Quelle menace pèserait sur la ville ?
Christian Estrosi : Seuls les Pinocchio patentés ne reconnaîtront pas que Nice a tourné le dos, depuis 2008, à l’ensemble de ces dérives. La ville est sortie de sa léthargie et s’est assainie. Il y avait un « Milieu niçois », la prostitution, les affaires, parfois des gestions paradoxales des affaires publiques par des gens peu fréquentables (permis de construire, terrasses)… La liste est longue ! Je sais contre quoi j’ai dû lutter, nous y avons mis un terme. Nous avons imposé l’intégrité et la transparence. Faire barrage, ça a été dur. Le risque d’un retour en arrière se pose à nous. Tout peut recommencer.
Où voyez-vous vraiment ces risques dans cette campagne ?
Le temps de la campagne n’est pas venu. Je répondrai à votre question quand ce sera le cas. Mais j’observe de près les attitudes et les comportements des uns et des autres.
Vous avez donné un meeting, tout de même !
Non, c’était pour préparer la campagne. Je n’ai pas le temps de bavasser du matin au soir. Il était question de mobiliser mes soutiens, nous avons montré qu’ils sont nombreux.

Vous pointez un « candidat de l’extrême droite » (Éric Ciotti) qui représenterait le danger de voir la mairie co-gérée par le RN. Avec quels effets ?
Je suis le maire de tous les Niçois, j’ai toujours été un rassembleur. Il ne s’agit pas de pointer du doigt les électeurs. Mais Marine Le Pen et Jordan Bardella ne s’en cachent pas, ils entendent mettre sous leur tutelle idéologique certains territoires de France. Je ne veux pas cela pour Nice. Elle doit rester une ville d’indépendance et de liberté d’expression. Avec moi, jamais les associations n’ont été affidées à ma politique. Les méthodes du RN, c’est « vous faites comme je veux, sinon, nous vous priverons de tout ».
Votre rival, justement, a dévoilé un pan de sa liste, avec des personnalités que vous connaissez, comme Jean-Pierre Rivière, l’ancien président de l’OGCN, et l’ex-préfète Françoise Souliman. Les deux étrillent votre bilan. Cela vous a surpris, déçu…?
Pour Jean-Pierre Rivière, surpris, oui, déçu, non. C’est un homme d’affaires, il doit trouver son intérêt à rejoindre Éric Ciotti.
Pour ce qui est de Françoise Souliman, j’en ai peu de souvenirs. Elle m’a paru très absente des sujets sécuritaires. C’est toujours le cas. Comparons les chiffres de la délinquance à Nice, qui n’ont cessé de reculer, et ceux de la Meurthe-et-Moselle, où elle était préfète. Qu’elle balaie devant sa porte ! Sur des dossiers extrêmement sensibles que sont le narcotrafic, la corruption et les étrangers en situation irrégulière, l’ensemble du corps préfectoral sait sa faiblesse. Il faut réellement connaître Nice pour pouvoir la protéger. On ne nous fera pas croire que cette dame a un enracinement profond chez nous.
Samedi, vous annonciez la création imminente d’une brigade anti-drogues dans la police municipale. À quoi faut-il s’attendre ?
Un quart des interpellations menées par nos policiers municipaux sont liées aux stupéfiants. Nous réunirons des effectifs existants pour créer cette brigade spécifique. Elle sera accompagnée d’un « chien stups ». Cette unité sera mise à la disposition de l’État, sous l’autorité du Préfet et du Procureur. Les dispositifs actuels sont insuffisants. À Nice, nous réclamons toujours l’intervention de l’armée, via la force Sentinelle.

Le Canard enchaîné s’interroge sur vos engagements dans le secteur privé, avec cette question de fond : peut-on être mobilisé à 100% ici à Nice, tout en cumulant des rôles importants dans plusieurs grandes entreprises ?
Je suis à 300% à Nice, jour et nuit. Dès qu’il y a un incendie, je suis sur place. J’ai moi-même des rendez-vous très importants à Paris dans les ministères pour faire avancer les dossiers locaux, je fais donc correspondre mon agenda avec ces entreprises dont les sièges sont aussi installés dans la capitale. Je me limite à des activités qui correspondent à mes diplômes, et à mon expérience. Quand vous avez été ministre de l’Industrie durant la crise financière, vous n’en manquez pas ! Je vois parfois les parlementaires rester à Paris presque 7 jours sur 7 et faire quelques allers-retours à Nice. Comment gèrent-ils leurs carrières d’avocats, leurs commerces, leur implication de terrain…?
Quid des risques de conflits d’intérêts ?
La loi sur la transparence fixe les règles d’incompatibilités. L’ensemble des activités exercées sont validées, contrôlées. Combien de dizaines de maires de grandes villes ont les mêmes engagements que moi ? Je connais des médecins, des personnalités qui siègent à la direction de grandes banques, qui ont des cabinets d’avocats, etc. Va-t-on les mettre en cause ? Les Niçois ont été très fiers de m’avoir comme député ou comme ministre. J’ai désormais bien davantage de temps pour mes activités de maire. Je suis au travail, tout le monde le sait.



Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.