Le préfet des Alpes-Maritimes dresse le bilan de l’année dans Nice-Presse. Dimanche 7 décembre, Laurent Hottiaux sera notre invité spécial sur les questions de délinquance et de lutte contre le narcotrafic. À ce sujet, le représentant de l’État a balayé la création d’une « brigade stups » annoncée par Christian Estrosi dans sa police municipale. Une initiative « qui n’a pas de sens », juge-t-il, et qui « ne sera pas » mobilisée. Vif avertissement aussi pour ce qui est de la gestion de la « PM », dont il s’alarme des « risques d’instrumentalisation au service d’une campagne électorale ».
- Laurent Hottiaux dans Nice-Presse : les 4 vérités du préfet des Alpes-Maritimes, un interview à lire en intégralité ce dimanche 7 décembre.
EXTRAITS - C’était la toute première proposition de la campagne Estrosi, au coeur de cette course vers les municipales 2026. Mais a-t-elle déjà du plomb dans l’aile ?
Dénonçant le manque de moyens déployés par l’État, jugeait-il, le maire-candidat annonçait en novembre la « création immédiate d’une brigade municipale anti-stups », détaillée dans nos colonnes. Pour la première fois dotée d’un chien détecteur de substances, « l’unité (aux prérogatives très limitées par la loi, ndlr) sera placée à la disposition du Procureur et du Préfet ». Sauf que ce dernier n’est pas emballé par l’idée.
Un propos « qui n’a pas de sens »
À notre micro, Laurent Hottiaux a réagi, jeudi soir : « c’est un propos de campagne électorale. Qui n’a pas de sens. J’assure déjà le contrôle administratif de la PM. Il est très clair que (s’agissant du narcotrafic) nous n’avons pas besoin d’une brigade de la police municipale. Ce n’est pas le rôle de cette dernière, et elle ne s’auto-saisira pas de ces questions ».
« Elle n’a pas de pouvoir d’enquête et les professionnels qui en sont chargés sont à trouver du côté de la police nationale et de la gendarmerie. Ce que je demande à la police municipale, si elle a des informations, c’est de nous les transmettre, dans le cadre de notre cellule de renseignement. » En tous les cas, « je n’ai même pas vu passer d’acte concret attestant de la création de cette brigade…»
N’était-ce pas un biais pour trouver des moyens qui manquent actuellement ? « Non, il y a tous les moyens nécessaires. Trois brigades spécialistes et de terrain, à Nice, dont c’est le rôle au quotidien. Une unité spéciale dédiée aux stupéfiants au service local de police judiciaire, qui travaille sur Nice. Sans parler des effectifs départementaux, etc ».
Vouloir envoyer l’armée ? « Une marque de méconaissance, et de défiance contre nos policiers »

Avant de poursuivre son analyse : « Encore un point qui montre que tout ceci n’a pas de sens. On ne peut pas vouloir créer une brigade de police municipale et en appeler encore une fois à l’armée. Il y a quelque chose qui ne va pas. » Depuis des mois, Christian Estrosi et son premier adjoint Anthony Borré veulent l’envoi de la force Sentinelle dans certaines cités.
« L’armée n’est plus en charge du maintien de l’ordre sur le territoire depuis plus de cent ans… On a besoin d’elle, aujourd’hui, dans bien d’autres situations que dans la lutte contre les trafics de stupéfiants. Elle n’est pas formée pour ça, n’a pas le cadre de mission adéquat. (Proposer son déploiement à Nice) c’est ne pas comprendre le rôle de l’armée, c’est ne pas comprendre l’action de la PN et des gendarmes. Je le prends comme une forme de défiance à l’égard de nos policiers, à qui je veux adresser tout mon soutien ».
Une « défiance » claire et nette, puisqu’après une énième fusillade aux Moulins, en octobre dernier, le maire et président de la Métropole avait accusé l’État d’être « allé trop loin dans son désintérêt » pour les habitants, avec des policiers « qui n’occupent pas le terrain en permanence ».
« L’Etat et la police nationale ont la responsabilité de ce quartier et ils ne l’assument pas » avait-il enfoncé. Des propos peu ou prou répétés il y a quelques jours, cette fois dans des HLM l’Est niçois.
Réponse du préfet : « C’est une polémique totalement fausse, injustifiée. L’État n’a jamais mis autant de moyens (sécurité, rénovation urbaine, transports, soutien aux associations, etc) pour les quartiers, en particulier sur Les Moulins. »
Polices municipales : « gare à l’instrumentalisation »

Interrogé sur l’extension éventuelle du dispositif de vigiles privés GAIDA à deux nouveaux quartiers niçois, révélée dans le Nice-Presse Dimanche du 30 novembre, le préfet a tenu, aussi, à élargir le sujet… sur la campagne électorale : « une autre chose est très claire. Je veillerai, pour GAIDA et pour la police municipale, à ce qu’elles ne soient pas instrumentalisées dans le cadre des élections à venir ».
« Il y a un risque d’instrumentalisation, oui, des agents au service d’une campagne, qui mobilise (la police municipale) pour des opérations que j’observe, je vous le garantis, de très près. »
« Je veux adresser mon soutien aux policiers municipaux. La préfecture veillera à ce qu’ils soient employés dans le seul cadre de la loi… Et n’hésiterai pas à exercer toutes les remarques qui s’imposent au titre du contrôle de légalité. S’il le faut, à saisir la CNCCFP, la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques ». Plus largement, « j’appelle à une campagne niçoise sereine. Ce qui n’est actuellement pas le cas du tout ».
🔴 ALERTE INFO - Ce seront ces restrictions qui s’appliqueront aux croisières. Et pas les mesures locales annoncées dans la métropole de Nice et à Cannes. La décision de Laurent Hottiaux met un terme à une très vive discorde sur la Côte d’Azur#NICE06
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) December 5, 2025
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On avait aussi à Marseille quelqu’un qui disait qui allait mettre l»inédit’ à Marseille, une cellule contre le trafic, c’est des centrales de fuites d’information. Tu vas mettre deux, 3 groupes de personnes avec des informations sur le trafic, ça fait des guichets. Ça fait la trouille ces slogans ‘Tous contre le trafic’, ‘Moi aussi j’affronte le trafic’, ‘Quartiers contre la drogue’, ça sent les planques à chouf’ cela.
Rien à redire sur ce qui a été dit par le préfet des AM