Eric Ciotti s’inquiète d’une dépense de 20 millions d’euros pour édifier le futur centre évènementiel du Port Lympia. La Ville assure que le reste à charge pour les Niçois serait plus de deux fois inférieur. On vous explique.
Ce projet, on n’en sait pas grand chose, mais il fait beaucoup parler les élus locaux.
En mars dernier, le président de Nice-Côte d’Azur annonçait la création d’un centre des congrès au niveau de l’actuel parking de la digue (détails dans l’encadré ci-après), pour y accueillir, en 2025, la conférence des Nations unies pour l’océan.
Tout en déminant par avance les critiques : Christian Estrosi indiquait que 90 % des dépenses afférentes seraient réglées par l’État et l’ONU. Quant à ce petit palais, il coûterait à la commune 5 à 6 millions d’euros, à peu près le double au gouvernement.
Les inquiétudes d’Éric Ciotti
Juste avant le conseil municipal, convoqué demain, vendredi 20 octobre, le député de Nice-Centre Éric Ciotti (Les Républicains) s’est exprimé auprès des journalistes mercredi, pour remettre en cause ce chiffrage.
Le numéro deux du conseil départemental note : « au milieu d’une délibération, la Ville annonce sa volonté de débloquer plus de 20 millions d’euros pour le Sommet des Océans. Christian Estrosi a menti. En outre, la délibération du conseil municipal de Nice prévoit une ‘superstructure’ et donc, une structure modulaire, provisoire, à l’inverse de ce qu’avait pu annoncer la municipalité ».
« Ce sont une nouvelle fois les Niçois qui paieront. Il est temps d’arrêter de les tromper. Alors que les finances de la Ville et de la Métropole sont dans état aussi critique que préoccupant, j’appelle Christian Estrosi à la raison, et à cesser de dilapider l’argent des Niçois » bombarde encore Eric Ciotti.
Le mairie évoque d’autres subventions
Interrogée dans la foulée, la collectivité nous a transmis une réponse écrite, rédigée par le premier adjoint Anthony Borré.
Lequel indique que l’ensemble bénéficiera d’un taux de subventions extérieures de « 95 %». « Cet espace prestigieux coûtera environ 8 millions d’euros, correspondant à peine à plus de 10 % du montant total (15 %, avons-nous calculé, ndlr) de l’équipement, 54 millions d’euros à la charge de l’Etat, et 20 millions de crédits municipaux ».
Ajoutant que la Ville espère obtenir de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur présidée par Renaud Muselier, et par l’État, d’autres aides, « à hauteur de 12 millions d’euros ». Et Anthony Borré de tacler, pour conclure : « Mais monsieur Ciotti sans doute préférerait-il voir cet événement se dérouler à Marseille ou à Paris ». Le débat à ce sujet devrait se poursuivre demain, en séance plénière, notamment avec le groupe de l’opposition écologiste.
Ce à quoi devrait ressembler le centre des congrès
Il devrait être édifié en un temps record, de l’an prochain, jusqu’à tout début 2025, pour être fin prêt en juin, mois de la conférence internationale. Nous serions, d’après les derniers éléments communiqués par Nice-Côte d’Azur, sur un ensemble de 5 000 mètres carrés. Rendez-vous avec un amphithéâtre de 2 400 places assises, un espace premium de 1 000 m² et trois salles de 500 m². C’est certes moins important que l’ex-Acropolis, mais la Métropole devrait avoir édifié, à l’horizon 2030, un palais des congrès et des expositions dans la Plaine du Var, connecté à celui-ci par le tramway. Par ailleurs, des modules provisoires seront installés au Port le temps du sommet des Nations unies.






