Au lendemain d’une fusillade sanglante ayant fait deux morts et six blessés, le maire de Nice Eric Ciotti a annoncé mardi l’ouverture d’un nouveau poste de police municipale au quartier des Moulins. Dès lundi prochain, les agents s’installeront place des Amaryllis dans les locaux occupés jusqu’ici par une association de médiation.
L’odeur de la poudre n’a pas encore totalement quitté la place des Amaryllis que le ton politique, lui, se durcit déjà. Devant la terrasse d’un café et une épicerie, là même où un homme a ouvert le feu en plein après-midi ce lundi, Eric Ciotti n’est pas venu pour faire de la figuration.
Le nouvel édile a annoncé l’installation immédiate d’un poste de police municipale dans ce point névralgique du quartier des Moulins, à l’ouest de la ville. Jusqu’à présent, les murs appartenaient à l’association Adam, un acteur local dédié au soutien scolaire et aux initiatives des familles pour la jeunesse. Précisons qu’un commissariat de police nationale existe déjà dans le quartier depuis 20 ans, mais il est accusé d’être souvent presque vide et bunkerisé.
« Réinvestir ces quartiers »
La commune assume son changement de priorité. « Avant de faire des jardins d’enfants, avant de faire de la médiation - il en faut, bien sûr - il faut rétablir l’ordre, il faut assurer la sécurité. C’est ce que nous voulons faire en mettant tous nos moyens dans ce combat ».

L’association évincée ne sera pas laissée à la rue pour autant, la structure serait déplacée dans d’autres locaux de ce parc immobilier appartenant au bailleur social Côte d’Azur Habitat. Mais sur la place des Amaryllis, ce sont désormais les uniformes qui seront visibles « dès lundi prochain ».
Ce nouveau poste de police municipale servira de base arrière logistique pour des patrouilles qui se veulent régulières et insistantes. Eric Ciotti ne cache pas son intention de « réinvestir ces quartiers » et espère même voir naître des patrouilles communes avec les forces de la police nationale.

Le bilan lourd d’une guerre de territoire
L’urgence est dictée par les chiffres. Depuis l’été 2024, les violences liées au narcotrafic ont fauché onze victimes collatérales dans le secteur des Moulins. L’attaque de lundi, bien que liée au trafic de stupéfiants, confirme cette porosité dramatique : selon le parquet, seuls trois des blessés étaient connus des services de police pour des faits de narcotrafic.
Le maire de Nice estime que ses services municipaux ont un rôle crucial à jouer pour endiguer cette spirale. Cependant, l’action de proximité se heurte à un manque de moyens humains criant du côté de l’État. Les élus niçois et les syndicats de police tirent la sonnette d’alarme depuis plusieurs années :
🔴 « Ce cirque va durer encore combien de temps ? »
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) May 10, 2026
Deux fusillades à Nice, les policiers dénoncent le manque de moyens
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Il manquerait actuellement près d’une centaine d’enquêteurs de la police nationale à Nice. Ce déficit structurel s’explique par un cumul d’absences et de départs qui ne sont jamais remplacés, laissant les services d’investigation sous l’eau face à la puissance des réseaux de deal.
« Quoi qu’il en coûte sécuritaire »
Face à cette situation, Eric Ciotti a activé ses relais parisiens. Il s’est entretenu par téléphone ce lundi avec le président de la République Emmanuel Macron ainsi qu’avec le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez. Son message, un « quoi qu’il en coûte sécuritaire » pour le quartier des Moulins.
L’édile ne se contente pas de demander des renforts, il faudrait aussi permettre aux agents municipaux de verbaliser directement les clients des points de deal pour briser la demande.
Ce qui est important
- L’installation d’un poste de police municipale dès lundi place des Amaryllis, en remplacement des locaux de l’association Adam qui sera relogée.
- L’appel d’Eric Ciotti à un investissement massif de l’État sous la forme d’un quoi qu’il en coûte sécuritaire pour compenser le manque de 100 enquêteurs à Nice.
- La demande de nouvelles prérogatives législatives pour permettre aux policiers municipaux de verbaliser les clients des trafiquants de drogue.



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