Lundi après-midi, un homme circulant à trottinette a ouvert le feu sur une place commerçante du quartier des Moulins à Nice, faisant deux morts et six blessés. Cette attaque ciblée en plein jour a visé des clients attablés à la terrasse d’un café, plongeant une nouvelle fois ce secteur de l’ouest niçois dans l’horreur.
Le soleil de 15h30 baignait encore la place des Amaryllis quand le premier coup de feu a claqué, brisant la routine de ce cœur de quartier très fréquenté. En quelques secondes, la violence a balayé la terrasse d’un café où les victimes ont été littéralement ciblées par un tireur au mode opératoire d’un sang-froid glaçant.
Nice replonge dans la violence avec deux morts ce lundi dans la cité des Moulins#Nice06
🔴 Une 3e fusillade d’affilée ➡️ https://t.co/HRkT85NWQe pic.twitter.com/dwI23TUcQU— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) May 11, 2026
Le bilan humain est lourd pour cette zone sensible de l’ouest de Nice. Deux personnes ont perdu la vie sous les projectiles et six autres ont été blessées. En fin d’après-midi, Eric Ciotti, le maire de Nice, s’est rendu sur les lieux pour confirmer que trois blessés se trouvent en « urgence absolue », avec un pronostic vital engagé.
Trois autres personnes ont été touchées plus légèrement lors de cet assaut. Les autorités ont précisé que les victimes sont âgées de 23 à 57 ans, sans que leur lien éventuel avec la criminalité organisée ne soit encore formellement établi par les enquêteurs.
Une exécution ciblée en plein jour

Le scénario de l’attaque, décrit par le procureur de Nice Damien Martinelli, témoigne d’une logistique rodée. Le tireur « a été déposé par un véhicule, s’est rapproché en trottinette, il a fait feu et il est reparti en trottinette (…) récupéré par un véhicule qui a pris la fuite », a-t-il détaillé devant la presse.
Une dizaine de détonations a retenti sur la place. Les experts de la police technique ont retrouvé des étuis de calibre 9 mm éparpillés au sol. Selon le magistrat, l’assaillant s’est rapproché volontairement pour faire feu sur les clients attablés, confirmant le caractère délibéré de l’acte.
Malgré cette précision, le procureur reste prudent sur le profil des cibles. Il a souligné qu’il est « possible d’avoir des victimes sans lien avec le trafic de stupéfiants », une réalité qui hante déjà les mémoires des habitants du secteur, habitués à voir des innocents tomber sous les balles.
La répétition macabre d’un scénario connu
Pour Sabrina, 44 ans, le cauchemar semble sans fin. Cette habitante de la place des Amaryllis rentrait avec sa fille quand la fusillade a éclaté.
« J’ai entendu ‘Pa-pa-pa-pa-pam’. J’ai encore le son dans la tête. J’ai vu tout le monde courir, crier », confie-t-elle, épuisée par un quotidien marqué par l’insécurité.
En octobre dernier, cette même place avait déjà été le théâtre d’un double meurtre. Un père de famille de 57 ans et un jeune homme de 20 ans, totalement étrangers au milieu, avaient été abattus par des tireurs ouvrant le feu au hasard depuis une voiture.
Aujourd’hui, le sentiment d’abandon domine chez les résidents des Moulins. « Ils cachent leurs trucs dans notre immeuble », lamente Sabrina, qui héberge un réfugié ukrainien sidéré par la situation. Elle assure avoir perdu sa santé et son emploi à cause de ce climat de tension permanente.
« Onze morts dans le seul quartier des Moulins »

Vendredi soir, une épicerie voisine avait déjà été visée par des tirs et une explosion. Samedi soir, c’est le haut de Saint-Roch qui essuyait des tirs visant des jeunes rassemblés à un carrefour.
Le procureur a d’ailleurs établi un lien technique inquiétant entre ces différents épisodes. « On a les trois mêmes armes, les trois mêmes calibres sur les trois épisodes (…) des derniers jours », a affirmé Damien Martinelli, ajoutant que ces événements sont « évidemment liés ».
Face à cette escalade, Eric Ciotti pointe du doigt une impuissance de l’État. Le maire a déploré « onze morts dans le seul quartier des Moulins » depuis l’été 2024. Il exhorte à un changement de paradigme :
« C’est une guerre dont il s’agit et pour gagner une guerre, il faut utiliser des armes de guerre, des armes au premier sens du terme, des armes juridiques, des armes judiciaires, des armes pénales ».
Le quartier des Moulins, qui abrite 8 000 habitants à l’entrée de la ville, demeure une zone enclavée où le contrôle des points de deal génère des tragédies régulières. Le souvenir de l’incendie criminel de juillet 2024, qui avait tué sept membres d’une même famille sur fond de trafic, reste une plaie ouverte pour toute la communauté.
Ce qui est important
- L’attaque a été perpétrée par un tireur utilisant une trottinette pour approcher et fuir, une méthode mobile et rapide en zone urbaine.
- Le parquet de Nice confirme que les armes et calibres utilisés sont identiques à ceux identifiés lors des fusillades de vendredi et samedi soir.
- La sécurité du quartier est au cœur d’une crise politique majeure, avec onze décès enregistrés aux Moulins en moins d’un an liés au narcotrafic.
Nice-Presse avec dépêche



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