Près du boulevard de Riquier, deux frères ont récemment créé Les Filous : ce « street-food » propose des plats typiques de la Grèce sous forme de sandwichs et de plats à partager. Du pain pita, du tzatzíki, de la feta… Depuis un an et demi, toute la famille a rejoint l’aventure. Rencontre.
Sa devanture bleu marine attire instantanément l’œil sur la rue Orestis. Une fois entrés, on découvre une pièce tamisée, des luminaires en jute, des tables en bois, des murs en pierre dans une esthétique méditerranéenne.
Avant même de recevoir votre assiette, plusieurs clins d’œil vous rappelleront la cité athénienne. Un olivier à la fenêtre, des statues dans le style des figures mythologiques, un livre de cuisine endémique… Difficile d’avoir des doutes !

À table, des « gyros », le sandwich traditionnel enroulé avec du pain pita, et des « mezzé », un assortiment d’assiettes à partager, typique de la cuisine méditerranéenne.
Tous est fait maison, nous dit-on. On retrouve par exemple des sticks de fromage d’halloumi, un fromage originaire de Chypre, ou encore des beignets de courgette à la feta, un mélange entre la culture nissarde et grecque. « Nos plats sont influencés par toute la région méridionale » explique Benjamin, le co-fondateur des Filous.
« On adapte la carte pour une clientèle qui n’a pas forcément l’habitude de manger des produits grecs, explique le gérant. Je pense à l’halloumi. Quand on me demande ce que c’est, je le compare à une mozzarella grecque…»
Le secret de la patronne
Aux côtés de Benjamin, il y a Antoine, son aîné. « A peine sorti de son master en entrepreneuriat, il m’a proposé d’ouvrir une boîte ». C’était en 2019, « et me voilà à gérer sept enseignes !»

« Je ne m’imaginais pas du tout à la tête d’un restaurant, avoue Benjamin, ancien artisan boulanger. Depuis, les deux hommes ont été rejoints… par toute la famille.
« On est six frères et sœurs et tout le monde travaille pour Les Filous ». De la responsable de boutique à la directrice des ressources humaines. « C’est grâce à notre mère, elle nous a toujours préparé des mets de la culture méditerranéenne : Grèce, Italie, Maghreb, France…»

La fratrie est originaire de Montauroux, tout près de Fayence (Var). « Elle discutait beaucoup avec les habitants de leur savoir-faire. Puis elle a commencé à nous le transmettre dans nos assiettes » se remémore Benjamin.
Aujourd’hui, « c’est elle qui compose les menus. Elle nous propose les recettes et on choisit ensemble. On se comprend bien plus rapidement. C’est génial de vivre ça ensemble ».
Avant de nuancer :«Quand on était petit, ma grande sœur était la cheffe. Aujourd’hui je dois lui donner des directives, ce n’est pas toujours simple ».
À Nice, une expérience mitigée ?

Déjà implantés dans plusieurs coins du pays, Les Filous découvrent Nice avec l’expérience des autres métropoles. « J’ai été assez surpris. Ici, certains clients sont plus froids. Il n’y a pas vraiment de contact avec le serveur. D’autres peuvent faire un scandale parce qu’on a oublié d’enlever les oignons », confie le gérant.
Et que penser du quartier ? « C’est très calme, Riquier. C’est agréable, mais quand je vois l’effervescence du centre-ville, c’est sûr que ça donne envie. On n’est pas trop en contact avec les commerçants alentour. Comme pour les clients, il y a peut-être moins de proximité ici ». Une timidité qui n’a pas empêché les nouveaux venus de se faire une place en ce printemps 2026, avec déjà une excellente note de 4,7/5 basée sur les 860 commentaires à lire sur Google Avis.



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