Les infir­miers libéraux se mobilisent aux quatre coins de la France. Des opérations-​escargot ont été menées, ce lundi 12 février, afin de dénoncer une "absence de considération".

3 QUESTIONS À… Le cortège est parti de l'avenue du Roi-​Robert-​Comte-​de-​Provence jusqu'au rond-​point du Cadam, à l'Ouest de Nice. Alexandra Santini, infir­mière à Vallauris depuis vingt-​quatre ans (et libérale depuis 2009) était du cortège.

1 - Quel est le bilan de la manifestation ? 

Le syndicat "Convergence Infirmière", dont je fais partie, a organisé cette mobili­sation pour réunir du monde dans les Alpes-​Maritimes : nous étions environ 130-​140 devant la Caisse primaire d'assurance maladie. C'est un beau résultat ! Le 12 mai dernier, on était soixante, aujourd'hui, le double. Bientôt, peut-​être le triple. 

2 - Quelles sont vos revendications ? 

Depuis 2009, notre travail n'a plus été revalorisé. On essaie de faire au mieux pour nos patients, mais on en a marre, ce n'est plus possible. On a perdu plus de 25% de notre pouvoir d'achat.

Nos charges ont explosé : l'URSSAF, notre caisse de retraite… Sans parler du matériel : avant la Covid, la boîte de gants coûtait 3,50 euros. Dix euros aujourd'hui ! En plus de cela, on part à la retraite à 67 ans, pour une rente qui est souvent misérable. Il faut que l'on prenne des assurances supplé­men­taires, afin d'en avoir une plus ou moins conve­nable. Nous sommes insuf­fi­samment considérés.

Le syndicat a fait des enquêtes : une infir­mière libérale sur deux souhaite arrêter la profession. Ça nous inquiète ! 

Actuellement, il faut travailler plus, pour gagner moins. On fait en moyenne entre douze à quatorze heures par jour. Ça nous dégoute de notre profession, alors que c'est une vocation pour la plupart des professionnels.

3 - Quelles suites pour votre mouvement ?

On va attendre de voir un peu les remontées. Nous avons été reçus par la direc­trice et la sous-​directrice de la CPAM de Nice. Elles ont compris notre désarroi. Si nous ne sommes pas entendus, on ira plus loin. On voit vraiment la colère monter de jour en jour. 

Il faut comprendre que sans infir­miers libéraux, il n'y aura plus de soins à domicile : à trop vouloir nous ignorer, la population est en danger. 

Certains ont dû arrêter de passer l'après-midi chez des patients, ils n'y arrivaient plus finan­ciè­rement. Actuellement, nous sommes payés 2,75 euros brut le dépla­cement, alors que l'essence a augmenté. Ceux qui font des kilomètres dans l'arrière-pays, par exemple, ne peuvent pas s'en sortir. 

La zone commentaires n'est pas ouverte pour cet article.