Ce vendredi matin, le dossier des orphelins et des enfants isolés s’est trouvé au centre des débats pour la séance de rentrée du Conseil départemental, dont c’est l’une des compétences directes. Une polémique locale qui s’étire depuis plus de deux ans.
Il ne fallait pas plus qu’un ordre du jour autour du Foyer de l’enfance pour rallumer la mèche d’une séance déjà bien brûlante, suite à l’annonce de Charles Ange Ginesy, président du Département, de confirmer la présence d’Éric Ciotti, allié du RN, dans sa majorité.
Un nouveau rapport de la Chambre régionale des comptes PACA (CRC) a en effet alerté sur des dysfonctionnements au sein du Foyer de l’enfance. FEAM qui n’a plus à sa charge exclusive les migrants mineurs depuis trois ans, mais les maralpins de moins de dix-huit ans considérés comme étant en détresse. L’étude pointe des défaillances, dans le nombre de places - qui n’a pas permis à tous les enfants d’être pris en charge ces dernières années - la formation des agents, et la présence parmi ces derniers d’individus condamnés par la justice. Mediapart s’en était déjà fait l’écho en 2022.
En réponse, l’exécutif a rappelé qu’un engagement à hauteur de « 5 millions d’euros d’ici à 2026 » était prévu pour améliorer les conditions d’accueil. Le président du Ginesy a annoncé que cet investissement se ventilerait à raison de « 2,5 millions d’euros par an. » Il a également rappelé que le Département, « avec ses 303 places », se situe au-dessus de la moyenne régionale.
Ce qui n’a pas semblé convaincre tout le monde. Fatima Khaldi, sur les bancs de l’opposition, en premier lieu. Elle a ainsi pointé une « faillite politique de l’enfance. » L’élue, également dans l’équipe municipale de Christian Estrosi à Nice, est allée encore plus loin dans ses propos en déclarant que « le Département abandonne ses orphelins. »
Rénovation et réorganisation
Pour elle, le passage de 226 places en 2018 à 115, est aussi le signe d’un désengagement progressif. Matérialisé par l’état de délabrement de bâtiments, « malgré les alertes répétées ».
De son côté, Vanessa Lellouche, membre de la majorité et en charge de la question, a défendu les actions entreprises pour améliorer la situation. Expliquant que des efforts ont été faits pour « ouvrir de nouvelles structures et diversifier les types d’accueil », notamment au sein des familles.
Selon elle, la rénovation des villas du FEAM a bien avancé, avec « trois des neuf déjà réaménagées. » Vanessa Lellouche a insisté sur le fait que « l’objectif n’était pas d’augmenter le nombre de places », mais bien de les « adapter aux besoins spécifiques des enfants. »
Tout en mentionnant que le foyer s’était recentré sur une mission d’urgence, avec un délai de trois mois pour réaliser un bilan et, si possible, « réorienter l’enfant vers un retour en famille. »
Auguste Verola, vice-président en charge de l’enfance, a lui aussi souhaité relativiser les critiques, assurant que bien d’autres Départements font face aux mêmes difficultés.
Le bras droit d’Éric Ciotti a tout de même admis que la politique menée reste insuffisante face à l’ampleur des besoins. Le prix élevé des terrains sur notre territoire rendant notamment « difficile la construction de nouvelles infrastructures adaptées », comparativement à d’autres zones dans le pays.
Il a réitéré l’engagement de la majorité de « continuer d’investir et d’améliorer les conditions de prise en charge », tout en soulignant « les limites budgétaires et foncières » auxquelles ils font face.
Le Foyer de l’enfance reste « sur un fil », comme l’a souligné le conseiller Mathieu Panciatici, qui estime que « six villas demeurent dans un état préoccupant » et qu’il est « impératif de rénover l’ensemble des structures pour offrir un cadre digne aux enfants accueillis. »






