Christian Estrosi a provoqué le renouvellement de l’exécutif métropolitain pour en écarter les partisans de l’alliance entre la droite et Marine Le Pen, voulue par son rival Eric Ciotti. Les bancs de la gauche approuvent.
Au cours de la campagne des législatives anticipées, « dans un geste de trahison ultime, les représentants d’une certaine droite se sont alliés aux tenants du nationalisme le plus infect. En abîmant leur parti dans les eaux troubles de l’extrême droite, ces tristes sires ont abattu la Croix de Lorraine » des résistants et du général de Gaulle.
La charge est signée Juliette Chesnel-Le Roux, présidente du groupe écologiste au Conseil métropolitain, ce vendredi 19 juillet.
« Ils ont trahi leur histoire et leurs valeurs les plus nobles pour signer le pacte de la honte. Si un raciste est une personne qui se trompe de colère, un Ciottiste est assurément un opportuniste qui exploite le racisme ».
Dans la foulée de la dissolution, le député du centre-ville niçois et président des Républicains avait conclu un accord inédit entre la droite et le Rassemblement national. Eric Ciotti avait été suivi par la députée sortante Christelle d’Intorni (Nice-Ouest et les vallées), mais pas par la soixantaine d’autres élus LR. Cette union a fait carton plein, localement, il y a quinze jours, en remportant les trois circonscriptions niçoises - Bernard Chaix ayant été élu avec cette étiquette dans les quartiers nord.
« Que ceux qui soutiennent l’extrême droite l’assument »
Même si Juliette Chesnel-Le Roux a taclé le maintien au second tour d’un candidat soutenu par Christian Estrosi, qui avait refusé d’appliquer le « barrage républicain » face à Eric Ciotti et un investi par la France insoumise (LFI), pour l’élue Verte, « ces élections ont été le moyen de distinguer nos ennemis de nos adversaires ».
« Des membres de cette noble assemblée ont soutenu des candidats du pacte de la honte » dénonce-t-elle encore. Avant d’approuver la démission de Christian Estrosi, réélu ce matin, qui avait provoqué le renouvellement de tout l’état-major métropolitain (il a fallu, du coup, réélire une vingtaine de vice-présidents). « Cela permettra de clarifier les positions de ses membres. (…) Que ceux qui soutiennent l’extrême droite l’assument. C’est un devoir de transparence envers les citoyens ».
Nice Ecologique reste bien un groupe d’opposition. Malgré ce soutien de circonstance, ses élus ont réaffirmé vouloir s’opposer à des « orientations budgétaires à court-terme », disent-ils, une « politique de logement insuffisante » ou encore aux « grands projets pharaoniques et déconnectés ».
Picard : « vous ne luttez pas contre les extrêmes«
Toujours du côté de Nice Ecologique, l’élu Jean-Christophe Picard est plus sceptique : « Votre vraie-fausse démission serait une ‘clarification’? Elle va surtout vous permette de renouveler les vice-présidents… Il s’agit d’une purge ! Une purge qui a commencé dès 2021 avec les évictions de Monsieur Chaix, Madame Frontoni, etc. C’était bien avant les élections législatives. C’est cette purge qui continue. En réalité, vous ne luttez pas contre les extrêmes ; vous préparez le terrain pour les prochaines élections municipales et métropolitaines ». L’édile Vert en a aussi profité pour critiquer les membres de la majorité qui ont signé l’engagement de voter les prochains budgets présentés : « Comment peut-on s’engager à voter une délibération sans l’avoir lue ?»



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