Après de nombreuses années de "chasse aux tags", la capitale de la Côte d'Azur ouvre progres­si­vement sa porte aux cultures urbaines. Désormais, plusieurs artistes exercent joyeu­sement aux quatre coins de la ville. 

"Il y a de plus en plus de demandes. Le débat s'est vraiment ouvert" souligne César Malfi, jeune street-​artist Niçois. Il y a quelques années encore, notre cité faisait partie de ces nombreuses villes qui tournaient franchement le dos aux tags. Ça a bien changé.

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Photo : Noémie Meffre, Nice-Presse

Sur les murs et les façades, dans les quartiers, ou encore sur la devanture de certaines boutiques… L'art urbain participe désormais à embellir la ville. 

"Ça s'intègre de plus en plus, et ça continue dans ce sens-​là. Des comités de quartier sont même à l'initiative de certaines commandes. Forcément ça ouvre un peu plus le champ des possibles."

Évolution des mentalités

Au premier abord, "Nice la bourgeoise" peut sembler peu ouverte à ce phénomène. Il semblerait qu'en définitive, elle le devienne.

Reste toutefois à souligner qu'elle a eu quelques diffi­cultés au démarrage, comme le précise Robert Roux, adjoint du maire Christian Estrosi, chargé de la Culture.

"À l'origine, c'est vrai que la ville n'était pas favorable au street art. Il s'est surtout développé dans les friches indus­trielles, et dans des quartiers très défavo­risés. Des endroits que l'on ne connaît pas vraiment ici."

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Le travail de César Malfi. Photo : Noémie Meffre, Nice-Presse

"On a une très belle archi­tecture d'époque, qui est bien entre­tenue. Il y a donc moins d'endroits abandonnés sur lesquels les street artists ont pu créer et se faire connaître."

Puis, la construction de la ligne 2 du tram a commencé (mise en service en juin 2018). "L'une des premières réflexions que nous avons eu c'était : 'il va donc y avoir des échafau­dages, des palis­sades partout… Pourquoi ne pas s'en servir comme un lieu d'exposition et d'expression ?'"

Un appel a donc été lancé : et il a connu un grand succès. "Les artistes ont tous été enthou­siastes. Ils sont venus parti­ciper à l'embellissement des lieux."

Ce projet a donc permis de montrer ce travail, mais pas seulement. "On peut dire que ça a eu un rôle de formation auprès de la population niçoise. Elle s'est aperçue qu'il y avait une énorme diffé­rence entre les graffeurs qui dégradent et les street-​artists."

Lien entre les générations

Désormais, cette pratique est donc bien implantée dans nos murs et se développe de plus en plus. D'après Jen Miller, qui exerce depuis 2009, "beaucoup de choses ont changé notamment grâce à l'association Whole Street."

"Ça c'est démocratisé. Maintenant, on sent un accueil très chaleureux, alors qu'avant les Niçois pouvaient paraître un peu frileux"

Jen Miller, à propos du street art

Elle se remémore sa perfor­mance réalisée en public, devant les Galeries Lafayette, place Masséna : "c'était incroyable. Toutes les généra­tions venaient nous rencontrer pour discuter de notre travail et nous poser des questions. C'était super agréable."

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Le travail de Jen Miller. Photo : Noémie Meffre

Brian Caddy, quant à lui, pratique depuis huit ans à Nice, "j'ai participé à plusieurs projets, notamment à celui des travaux autour du tram. De fil en aiguille, on a pu faire plusieurs choses pour la Ville."

Pour lui, peindre sur des lieux publics "c'est très intéressant. Ça permet de rendre l'art acces­sible à tous." 

"Je vais bientôt réaliser une fresque sur le double pont de Magnan. Le passage des gens sera hyper important, ils vont se poser des questions, développer un sens critique."

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Photo : Brian Caddy 

Toutefois "il y a encore une petite réticence". 

"Quand on va à Toulon ou à Marseille, on peut voir des grands panneaux et des façades. Ce qui n'est pas encore le cas à Nice." Mais dans tous les cas, "il y a quand beaucoup de choses qui se font et ça, c'est plutôt cool!"

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