Des riverains de Saint-​Roch dénoncent la situation de leur quartier, entre flambée des incivi­lités et sentiment d'insécurité. La mairie demande "3 mois" pour développer des actions de fond.

Deux heures d'échanges animés. Cela fait quelques jours que des habitants de l'Est niçois ont contacté Nice-​Presse pour dénoncer la dégra­dation du secteur. Nous les avons relayés dans un reportage, puis dans un article issu d'un appel à témoi­gnages.

Immédiatement après la publi­cation de ces sujets, la Ville a convié les riverains à un échange.

Une vingtaine ont ainsi été invités au QG de la police municipale mercredi 5 octobre pour s'exprimer de vive voix, et co-​construire un ensemble de solutions. 

Une riveraine lance les débats : "je vis à Saint-​Roch depuis presque vingt ans. Il y a tout pour y avoir un lieu de vie au top. Mais des jeunes traînent, squattent, se droguent…" Un problème de voisinage qui a entraîné des conflits, dont l'un a failli se terminer à coups de couteau. 

"La police vient si peu qu'on est tentés de faire justice nous-​mêmes" lancent plusieurs Niçois, visiblement à bout de nerfs. La situation se serait dégradée depuis au moins deux ans. Le trafic de stupé­fiants, qui avait disparu, est bien de retour.

Deux inter­ve­nantes : "on cherche tous à quitter le quartier". Une femme : "je me suis faite moi-​même agresser il n'y a pas longtemps". Une autre, qui lui répond du tac-​au-​tac : "mais on s'est tous fait agresser à Saint-​Roch!" Murmures d'approbation…

Les infrac­tions routières se multi­plie­raient. Ici, un bar ferme à pas d'heure. Ses clients se sont confor­ta­blement garés en double-​file sur toute une moitié de rue !

La présence de popula­tions errantes est aussi dénoncée. L'un des habitants propose de retirer les bancs, et de faire grillager la place. La mairie a autre chose en tête.

Un plan pour "sortir du non-droit"

Certaines situa­tions n'ont rien de très neuf. Anthony Borré, premier adjoint au maire, rappelle les initia­tives de la Ville pour régler les problèmes de voisinage. Mais dans de nombreux cas, les compé­tences munici­pales sont limitées. Reste à la police nationale et au Parquet d'agir plus rapidement.

Pour ce qui entre dans son périmètre, la collec­tivité a présenté son cap. 

Jean-​Marc Giaume, l'élu de terri­toire : "Nous avons une stratégie pour trans­former un lieu de non-​droit en terri­toire de nouveau paisible et agréable".

"Je vous demande à tous de nous donner trois mois. Nous allons faire des aména­ge­ments dans ce secteur qui est déjà en pleine mutation (comme développé dans cet article, NDLR). Les patrouilles de policiers municipaux à pied vont être inten­si­fiées, et nous allons tester l'envoi de média­teurs sur le terrain".

Caméras, éclairage… Tous les ajuste­ments prévus ne pouvant être détaillés, pour éviter que les dealers ne tentent de s'adapter.

"Petit à petit, on va retrouver la main. On avance sur le front. Il faudra nous faire remonter chaque nuisance, chaque point chaud" poursuit l'adjoint de Christian Estrosi. "Nous testerons plusieurs options, raison pour laquelle il nous faut du temps. Et en janvier, nous nous réunirons tous pour un point complet".

Au-​delà de la sécurité, la Ville entend développer une program­mation cultu­relle soutenue à Saint-​Roch, avec les associa­tions, "pour ramener la cohésion et faire parler en positif de ce quartier que l'on aime tous".

De son côté, la police municipale défend un travail de l'ombre, dont les riverains n'ont pas toujours pleinement conscience. Ces neuf derniers mois, près de 700 infrac­tions ont été relevées à Nice-​Est grâce à l'action des agents.

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