Le préfet Vincent Roberti sera officiellement proposé ce lundi comme numéro deux du Comité d’organisation des JO d’hiver 2030 pour mettre fin à une crise de gouvernance. Ce haut fonctionnaire aura pour mission prioritaire de boucler la carte définitive des épreuves, notamment pour le hockey sur glace, avant la date butoir du 22 juin.
Le chronomètre s’emballe au sommet des Alpes. Pour éteindre l’incendie qui couve au sein de la gouvernance, l’État mise sur un profil d’expérience. Vincent Roberti, 59 ans, actuel préfet du Tarn-et-Garonne, doit être propulsé lundi au poste de numéro 2 du Comité d’organisation (Cojop).
Ce mouvement intervient après un véritable séisme survenu en février dernier. Le départ brutal du directeur général Cyril Linette avait laissé des traces profondes. Ce dernier avait quitté le navire en invoquant des « désaccords insurmontables » avec le président Edgar Grospiron.
La nomination de ce haut fonctionnaire ne doit rien au hasard. Énarque et ingénieur, il connaît parfaitement les rouages de l’administration et des grandes collectivités. Il a déjà exercé des responsabilités notables en Isère et dans le Rhône.
Sur son profil professionnel, il ne cache pas son « goût pour l’action publique ». Sportif, on l’a vu participer au cross annuel du 17e régiment de génie parachutiste à Montauban ou suivre de près les finales de hockey sur glace à Grenoble.
La bataille pour le hockey sur glace

C’est justement sur la glace que le dossier brûle le plus. Vincent Roberti va devoir résoudre l’équation complexe du hockey masculin. Le projet initial prévoyait d’installer la patinoire dans le stade de football de l’Allianz Riviera, à Nice.
Mais le nouveau maire de Nice, Eric Ciotti, a opposé un refus catégorique à cette option. Ce blocage oblige le Comité à chercher en urgence des solutions de repli, le Sud de la France manquant d’alternatives viables pour un tel événement.
Le Cojop a donc officiellement indiqué « étudier » un déplacement vers des « équipements existants » situés hors de la zone régionale. Paris et Lyon sont désormais en embuscade pour récupérer cette discipline phare qui assure d’importantes recettes de billetterie.
Le gestionnaire de l’Accor Arena et de l’Adidas Arena à Paris s’est déjà positionné. De son côté, la LDLC Arena de Décines-Charpieu, près de Lyon, met en avant ses 16 000 places comme « la solution la plus crédible, la plus aboutie et la plus durable ».
Une carte des sites à boucler en urgence
Le temps presse car la carte globale doit être figée avant le 22 juin. C’est à cette date que le Comité international olympique (CIO) doit valider l’organisation définitive. Renaud Muselier, président de la région Paca, a précisé que les candidatures seraient étudiées « jusqu’à début juin ».
Outre le cas épineux du hockey, d’autres zones d’ombre persistent sur la carte des épreuves. La répartition du ski alpin entre les stations de Courchevel et de Val d’Isère reste à affiner, tout comme la localisation précise des sites paralympiques.
Un autre défi technique attend l’organisation : le patinage de vitesse. La France ne disposant pas d’anneau de glace adapté, l’épreuve devra s’exporter vers l’Italie ou les Pays-Bas. Ces incertitudes pèsent sur un calendrier déjà très serré.
Fin février, Edgar Grospiron avait lui-même admis devant les sénateurs avoir accumulé « quatre mois de retard sur la finalisation de la carte des sites ». L’arrivée de Vincent Roberti vise à redonner de la vitesse à un projet qui doit rassurer les partenaires.
Marina Ferrari, ministre des Sports, a déjà apporté son soutien à cette nomination. Pour elle, Vincent Roberti « est un excellent préfet, il a toutes les qualités. Je pense que maintenant nous sommes sur les bons rails pour que les Jeux avancent vite ».
Ce qui est important
- La nomination d’un nouveau numéro 2 lundi doit mettre fin à une série de démissions et stabiliser le pilotage des Jeux 2030.
- Le choix du site pour le hockey sur glace masculin reste le point de tension majeur après le refus de Nice de l’accueillir à l’Allianz Riviera.
- L’organisation doit impérativement finaliser sa carte des sites avant le 22 juin pour obtenir le feu vert définitif du CIO.
Nice-Presse avec agence



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