Dans un rapport partagé par le CHU de Nice, on apprend que 87 personnes atteintes du VIH ont été dépistées l’an passé en Région Sud. Un chiffre qui s’est stabilisé ces cinq dernières années, après une baisse importante.
Alors que se tient vendredi 1er décembre la journée mondiale sur le sujet, un rapport publié par le CHU de Nice et le Comité régional de lutte contre le Sida et les IST (COREVIH) révèle que la situation s’améliore, mais qu’il reste encore du chemin à parcourir pour éradiquer la maladie.
Découvert il y a 40 ans par une équipe française, le virus a depuis été combattu grâce à de nombreuses avancées scientifiques et sociétales. Elles ont permis à ce jour de sauver 21 millions de vies dans le monde.
-40% de nouveaux cas entre 2015 et 2018
En 2022, le nombre de nouvelles infections a ainsi atteint son stade le plus bas depuis 30 ans. Il faut d’ailleurs rappeler qu’aujourd’hui, grâce aux progrès thérapeutiques, une personne atteinte du VIH et traitée avec une charge virale indétectable ne transmet plus la pathologie.
À la lecture de l’étude, on constate que dans l’Hexagone, l’épidémie baisse (-21% en 10 ans selon les estimations les plus optimistes), mais pas suffisamment pour espérer atteindre l’objectif d’éradication de la transmission à l’horizon 2030.
Si l’on se penche sur les résultats à l’Est de la Région Sud, on note que le taux de nouveaux patients pris en charge en soins spécialisés pour une découverte de séropositivité a baissé de 40% entre 2015 et 2018.
76 personnes positives au VIH en 2022 dans les Alpes-Maritimes
Une bonne nouvelle, mais qui a tendance à ralentir sur les cinq dernières années. L’an passé, le nombre de nouveaux cas de séropositivité a été évalué à 87, dont 76 rien que dans les Alpes-Maritimes.
Dans le détail, « les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes représentent la moitié des nouvelles découvertes et près de 46% d’entre elles concernent des individus nés à l’étranger.»
Ajoutons que les jeunes sont particulièrement concernés car « 28% des personnes diagnostiquées en 2022 ont moins de 30 ans.»
En revanche, il est important de souligner que les dépistages précoces sont en hausse, grâce aux tests sans ordonnance qui « représentaient l’an dernier 6% des dépistages en laboratoires d’analyses médicales.»
Plus de prévention et un meilleur accès aux soins
Pour faire face, mais aussi sensibiliser contre la stigmatisation des malades, plusieurs solutions sont mises en place. À commencer par des actions auprès des professionnels de santé, afin de les aider à évoquer le sujet avec leurs patients, mais aussi de leur proposer un dépistage répété du VIH et des IST.
COREVIH souhaite également que les outils de prévention, dont la PrEP, un médicament permettant aux personnes séronégatives de le rester, soient popularisés auprès de tous. Il convient aussi d’améliorer la diffusion des connaissances pour réduire les préjugés.
Enfin, le Comité entend accompagner les personnes qui résident dans des zones plus lointaines, en leur donnant l’opportunité de bénéficier de toutes les avancées possibles.
C’est pour cela qu’il soutient « le dispositif de l’aide médicale d’État » et«appelle à la plus grande vigilance quant à sa possible remise en cause ou au durcissement de ses conditions d’accès. » D’après le groupe, cela engendrerait « un impact négatif en matière de santé publique et de propagation de virus ».






