Derrière son front de mer moderne et ses quartiers résidentiels, Saint-Laurent-du-Var cache une histoire centenaire façonnée par le Var, les cultures et les croyances. De son hospice médiéval à ses fêtes populaires, voyage au cœur d’un patrimoine parfois encore méconnu.
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Bien avant les immeubles et les routes par dizaines, il y avait le Var. Ses berges fertiles ont façonné le destin du village. « On cultivait des légumes maraîchers près du fleuve, tandis que les collines, aujourd’hui urbanisées, accueillaient surtout des oliviers » rappelle Laetitia Berthoin, responsable du Service « archives et patrimoine culturel ».
C’est autour de cette richesse agricole et de ce point de passage stratégique que s’est construite la communauté laurentine.
L’église et l’hospice, au service des pèlerins
Au XIᵉ siècle, une église romane s’élève au centre du bourg. Elle devient le cœur spirituel et social du village. Juste à côté, un hospice accueille pèlerins et pauvres, tenus par des chanoines de l’ordre de Saint-Augustin, venus d’Italie.

« Ils avaient l’obligation d’entretenir trois chambres, six lits et surtout une barque permettant de traverser gratuitement le Var » explique l’archiviste. Les dons affluent, enrichissant l’hospice… jusqu’à ce que les évêques de Vence en réclament les bénéfices. Sur décision du pape Jean XXII, il est fermé en 1327.
Guerres, peste et… renaissance
Le Moyen Âge tardif apporte son lot de malheurs : la peste et les guerres ruinent le village et vident l’hospice. Mais en 1468, un acte d’habitation relance la vie locale et repeuple la cité.

Autour de l’église, toujours debout, les habitants rebâtissent leur communauté. À l’intérieur, on enterre même les notables : sous le dallage reposent encore des ossements, retrouvés lors de travaux en 1991.
Précieux vestiges
L’église Saint-Laurent, maintes fois remaniée, témoigne encore de ces siècles. Construite en pierre calcaire de Gattières, elle garde une frise dentelée et un mur roman du XIᵉ siècle, le plus ancien vestige de la commune.

Son clocher actuel, avec campanile en fer forgé, date de 1925. À l’intérieur, un reliquaire doré renfermerait un fragment du tibia de Saint-Benoît, et un vitrail éclatant rend hommage à Saint-Laurent, patron de la ville.
Traditions
Aujourd’hui encore, l’église et sa place Castillon sont le théâtre des grandes fêtes locales : soupe au pistou, fête du gueyeur ou concours de pan bagnat. « C’est à la fois le plus ancien monument du village et un lieu toujours très vivant » résume Laetitia Berthoin.

Une façon pour les Laurentin(e)s de garder le fil avec leur histoire, et pour les visiteurs de découvrir qu’au-delà de son port et de Cap 3000, Saint-Laurent-du-Var reste un vrai village, fier de ses racines !




Étant un laurentien durant quelques années je découvre une histoire que je ne connaissais pas, merci