Le procès de deux supporters ultras récidivistes, soupçonnés d’avoir violemment agressé les joueurs de leur équipe fin novembre à Nice, se tiendra le 29 juillet devant le tribunal correctionnel. Ces figures locales des tribunes ont fermement nié lundi toute implication dans cette soirée houleuse, poussant la justice à ordonner de nouvelles auditions des victimes.
Une nuit de colère qui s’étire désormais jusque sous les néons des prétoires. Le 30 novembre dernier, la tension est palpable devant le centre d’entraînement du club azuréen. Quelque 300 supporters locaux attendent le retour de leurs joueurs après une cinglante défaite à Lorient sur le score de trois buts à un. L’amertume du terrain se transforme très rapidement en un redoutable face-à-face.
Les attaquants Terem Moffi et Jérémie Boga, tout comme le directeur sportif Florian Maurice, se retrouvent directement pris à partie dans une marée humaine.
Le lendemain de cette soirée électrique, les deux attaquants déposent officiellement plainte. Le récit livré aux forces de l’ordre affirme qu’une pluie de coups de poing, de pieds, mais aussi des crachats et de violentes insultes ont visé les professionnels à leur descente du bus.
L’ambiance est devenue tellement pesante autour du groupe que ces deux cadres quitteront définitivement la Côte d’Azur dans les semaines suivantes.
Les suspects ciblés par la justice ne sont absolument pas des novices de l’agitation collective. Interpellés à la fin du mois de mai, ces deux hommes de 32 et 42 ans ont longtemps exercé des responsabilités hiérarchiques au sein du fameux groupe ultra de la Populaire Sud.
Leur lourd passif judiciaire résonne avec les accusations actuelles, tous deux ayant déjà subi des condamnations préalables pour des actes de violence liés à des manifestations sportives locales.

La sécurité avait laissé passer les accusés
Présentés lundi à la justice en comparution immédiate, les prévenus ont pourtant fermement contesté la moindre implication dans cette agression. Tout en sollicitant le délai légal pour préparer leur défense, ils brossent le portrait de pacificateurs incompris.
Selon leur version des faits, ils auraient purement et simplement tenté de faire tampon entre la direction du club et la frange la plus révoltée des supporters présents sur le parvis.
Un détail vient directement appuyer cette ligne de défense. La sécurité interne du club azuréen les avait préalablement autorisés à monter à l’intérieur du véhicule pour échanger avec les sportifs avant que la situation ne bascule irrémédiablement.
La défense n’a d’ailleurs pas manqué de pointer du doigt une étonnante chronologie. Identifiés dès les prémices de l’enquête en pause depuis le mois de février, les suspects n’ont été interpellés que la semaine dernière, dans la foulée d’une série d’autres incidents impliquant des supporters niçois en mai.
Une figure inattendue assise dans la salle d’audience
Le profil d’Anthony, le cadet âgé de 32 ans, attire particulièrement la lumière avec un casier judiciaire plus chargé. En janvier dernier, il écopait d’une peine de six mois de prison avec sursis pour avoir violenté un journaliste de Nice-Matin en marge d’une rencontre en 2022.
Face aux différents magistrats de la cour, l’homme a tenu à prendre la parole. « Je regrette d’avoir été là ce soir mais j’y étais pour quelque chose de bien. J’ai changé, je suis conscient de ma réputation mais je suis devenu quelqu’un de bien », a-t-il expliqué.
Alors qu’il comparaissait sous le statut de détenu, ce dernier a finalement bénéficié d’un placement sous simple contrôle judiciaire. Cette décision clé pourrait trouver une résonance dans la présence de l’ancien gardien international français Hugo Lloris au sein du public.
L’ancien capitaine des Bleus a personnellement choisi d’accorder sa confiance au prévenu en lui confiant un rôle de direction dans un restaurant dont il possède les murs, situé en plein cœur du quartier du Vieux Nice.
Face aux témoignages discordants sur le déroulement exact de la nuit d’hiver, le tribunal correctionnel a officiellement ordonné un supplément d’information réclamé par la défense.
L’audience décisive est fixée au 29 juillet prochain. D’ici cette échéance estivale, les deux joueurs agressés, plusieurs membres de la sécurité interne, des fonctionnaires de police ainsi qu’un journaliste présent lors des heurts devront être entendus par les enquêteurs.
Ce qui est important
- Le renvoi de cette affaire très médiatisée au 29 juillet permet à la justice d’entendre tous les protagonistes afin de clarifier les responsabilités exactes dans un climat sportif azuréen historiquement sous pression.
- La brutalité des faits dénoncés met en lumière les conséquences directes de l’insécurité autour des sportifs professionnels, entraînant ici le départ de deux joueurs majeurs seulement quelques semaines après l’incident.
- Le traitement de ce dossier expose les passerelles étonnantes de la vie locale niçoise, illustrées par la tentative de réinsertion d’un ancien leader de tribune soutenue financièrement par une véritable icône du sport français.
Nice-Presse avec agence





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