Témoignages. Six mois après l’incendie qui a ravagé le nord de Marseille, des habitants de l’Estaque s’organisent pour faire entendre leur voix. Face à des procédures jugées trop lentes et à des maisons toujours inhabitables, une association de sinistrés réclame une meilleure prise en charge, des réponses des assurances et des explications sur l’intervention des secours.
L’attente, la lassitude et la colère. Dans le quartier de l’Estaque, six mois après le passage dévastateur du feu, le quotidien de nombreux riverains reste suspendu à des démarches administratives interminables. Certaines maisons portent encore les marques visibles de l’incendie, tandis que leurs occupants dénoncent une situation qui semble figée.
À l’Estaque, des sinistrés face à la lenteur des expertises
Dans un communiqué publié mardi, l’Association des victimes de l’incendie du 8 juillet à Marseille déplore que, à ce stade, « aucun travaux n’a pu être entrepris à cause de l’extrême lenteur de la conduite des expertises et contre-expertises par les différentes assurances concernées ». Une situation qui empêche toute reconstruction effective des habitations touchées.
L’incendie, survenu un jour de canicule intense, avait parcouru près de 750 hectares. Après avoir causé d’importants dégâts aux Pennes-Mirabeau, il avait atteint le quartier de l’Estaque. Plus de 90 habitations avaient alors été touchées, la grande majorité étant déclarée inhabitable par les autorités locales.
Maisons toujours meurtries dans un quartier emblématique de Marseille
Six mois plus tard, dans ce quartier populaire et pittoresque, aux villas dominant la Méditerranée et le port, les stigmates restent visibles. Des toitures effondrées, des structures calcinées, autant de rappels d’un drame dont les conséquences se prolongent. Certaines familles n’ont toujours pas pu réintégrer leur logement.
Créée à la mi-décembre, dans le prolongement d’un collectif d’aide aux sinistrés, l’association souhaite « devenir l’interlocuteur des pouvoirs publics et des assurances, afin d’assurer un meilleur suivi et une meilleure prise en charge des personnes sinistrées ». Elle réclame notamment la mise en place d’un Comité Local d’Aide aux victimes, destiné à coordonner les dispositifs d’indemnisation et l’accompagnement administratif.
Un « Comité local » annoncé et des questions toujours en suspens
Contactée, la préfecture des Bouches-du-Rhône a confirmé la tenue prochaine d’un tel comité, avec une première réunion envisagée début février, selon une source proche du dossier. En attendant, l’association a recensé 478 personnes sinistrées à des degrés divers, précise sa présidente Mathilde Favier. « Pas tout le monde a dû quitter sa maison, mais il y a quand même quasi-100 maisons inhabitables », explique-t-elle.
Elle-même ne peut toujours pas rentrer chez elle. « Il faut tout refaire, le sol, la peinture. Les meubles, on a dû tout jeter, il n’y a plus de toit, le premier étage a entièrement brûlé », confie-t-elle, évoquant « plusieurs centaines de milliers d’euros » de dégâts. Son assurance couvre 12 mois de loyer pour un logement temporaire, une durée variable selon les contrats.
L’association demande enfin des explications sur « l’intervention extrêmement tardive des secours ». « Il n’y a pas eu de pompiers, pas de Canadair pendant des heures », souligne Mathilde Favier. « On a besoin de comprendre ce qui s’est passé. Tout simplement parce que si dysfonctionnement il y a eu, il faut s’assurer que ça ne se reproduise pas ».
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP






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