À Nice, malgré un coût de la vie supérieur à la moyenne, les fonctionnaires d’État ne bénéficient pas des mêmes avantages qu’ailleurs. Une situation que dénonce Christian Estrosi.
À croire que l’État ferme les yeux. Comment expliquer que Marseille et Toulon bénéficient d’une indemnité de résidence renforcée, mais pas Nice, où les loyers et le panier de courses donnent pourtant des sueurs froides à la plupart des familles ? Cette incohérence alimente un vrai malaise local et provoque une fuite des forces vives vers d’autres territoires.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Le coût de la vie est plus élevé de 12 % dans la capitale départementale, par rapport à la moyenne nationale. Et l’immobilier, corseté par un marché tendu, fait grimper les prix au point de décourager policiers, soignants et agents pénitentiaires. Résultat, les services publics souffrent d’un sous-effectif chronique, avec les conséquences que l’on vit chaque jour.
Inégalités
Dans les commissariats, les établissements de santé et les prisons, la pénurie est criante. Les syndicats s’alarment depuis des mois, mais c’est désormais le maire de Nice qui hausse le ton. Christian Estrosi a choisi de mettre la pression directement sur Paris, en soulignant « l’anomalie » d’un système qui oublie une grande métropole du sud.
Selon lui, l’absence d’une indemnité de résidence adaptée entraîne une spirale dangereuse, moins de candidats pour les postes essentiels, donc plus de difficultés pour assurer la sécurité et la santé des Niçois. Une réalité qui contraste avec d’autres villes, mieux loties, où le coût de la vie est pourtant moins élevé.
Le maire ne mâche pas ses mots. Devant la presse, il a interpellé le Premier ministre Sébastien Lecornu, l’invitant à inscrire dans le budget 2026 une revalorisation claire : passer l’indemnité de résidence de 1 % (zone 2) à 3 % (zone 1) pour les fonctionnaires d’État installés dans les Alpes-Maritimes.
« La vie n’est pas moins chère à Nice qu’à Marseille ou Toulon. Il est temps de rétablir l’équité territoriale » a martelé l’édile.
Ciotti veut mobiliser les biens communaux
Dans la course à l’élection municipale de 2026, son rival Eric Ciotti a déjà formulé une proposition à ce sujet, le 5 septembre au micro de Nice-Presse.
« En tant que maire, je mobiliserai les biens communaux pour en réserver une part au logement des policiers. Les jeunes agents et ceux qui n’ont pas d’attaches familiales ici ne peuvent souvent pas trouver d’appartement. La Ville doit pouvoir agir ».
« Avec moi, ce sera aussi l’une des priorités fixées au bailleur HLM Côte d’Azur Habitat. Une convention sera signée au plus vite avec la Préfecture. Chaque policier mérite de vivre à Nice dans la dignité. »






