EXTRAIT - Le maire et président de la Métropole a choisi Nice-Presse pour son premier interview local de l’année. Au cours de cet entretien à paraître dans nos colonnes, Christian Estrosi regrette le manque de moyens alloués aux policiers nationaux.
« Le préfet ne me donne pas les chiffres de la délinquance et c’est quelque chose que je dénonce. C’est un mauvais fonctionnement, alors que j’ai une réunion avec lui chaque lundi après-midi ». C’est un maire un brin agacé par la gestion de la sécurité publique qui nous répond, ce jeudi 7 mars, au sujet des dernières tendances. « J’entends toutefois le procureur nous dire que les chiffres de la délinquance baissent davantage chez nous qu’ailleurs dans le département des Alpes-Maritimes ».
Et quant aux seules remontées de la police municipale ? « Les interpellations sont en hausse, et la délinquance constatée en baisse ».

Le préfet Hugues Moutouh révèle cette semaine qu’à Nice, les étrangers seraient responsables de 54% des infractions sur la voie publique, et de 82% des vols à la tire. Commentaire du maire : « sur la forme, je lis ça dans un tweet, je n’étais pas habitué à voir les préfets communiquer de la sorte, comme un homme politique ».
« Sur le fond, il ne fait que répéter ce que je dis depuis des années. Quand je mettais en garde sur cette situation, que la délinquance est liée aux étrangers plus qu’à la population locale, cela faisait polémique ! La ligue des Droits de l’Homme, la Licra, etc vous traduisaient devant les tribunaux. Aujourd’hui, les chiffres sont là. Je n’ai pas attendu pour dénoncer le poids des filières criminelles tunisiennes dans le trafic de drogues à Nice ».
Faut-il expulser davantage ? « Un délinquant étranger n’a pas à rester une minute de plus sur le territoire national, cela fait vingt ans que je le dis. Je ne doute pas que si la formidable Loi Immigration est appliquée, les chiffres seront bien meilleurs au 31 décembre prochain… Si cette loi est utile, si ce débat n’a pas été inutile… J’apporte d’ailleurs tout mon soutien au préfet, dont l’action est entravée par le Conseil d’Etat en la matière »
Sans l’action de la Ville, « Nice aurait été en grand danger »
Le nombre de policiers nationaux à Nice est en baisse de 15% sur dix ans, dans une société où la violence a pourtant largement gagné du terrain. L’Etat a fait beaucoup de promesses sur des renforts, le compte est-il bon aujourd’hui ?
« Non, le compte n’est pas bon. Les effectifs sont insuffisants. Je remercie le ministre de l’intérieur qui nous a envoyé une brigade mobile (PNSR), entre 60 et 80 agents. L’Etat est ponctuellement présent autour des grands évènements. Mais heureusement que Nice compense, le reste du temps, en investissant dans la vidéoprotection, que la police municipale est la première de France. Si nous ne l’avions pas fait, nous serions dans une situation de grand danger ».
Et de conclure :«La cohérence, ce serait de décentraliser. Les policiers municipaux doivent pouvoir fouiller les véhicules, agir en dehors du flagrant délit, utiliser des drones…»
LE BILAN DE LA POLICE MUNICIPALE EN 2023
Au cours de cet interview, Christian Estrosi a fourni ces chiffres portant sur 2023 à Nice-Presse : 6563 interpellations, 3 711 infractions pour dépôts sauvages et embarras de la voie publique, 3 047 opérations de contrôle (URSSAFF, inspection du travail, hygiène, impôt), 255 opérations de lutte contre les squats, 34 082 infractions sur la route, 170 228 infractions stationnement.









Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.