L’observatoire indépendant AtmoSud assure que l’immense majorité de la population de Provence-Alpes-Côte d’Azur respire un air bien trop pollué. Il y a du mieux, toutefois, selon les derniers chiffres.
Un pourcentage extrêmement élevé, mais qui trouve plusieurs justifications. Lundi 10 novembre, Dominique Robin, directeur d’AtmoSud, était l’invité du média Maritima. L’opportunité pour le dirigeant de l’observatoire de surveillance de la qualité de l’air de faire un point sur la situation en Provence-Alpes-Côte d’Azur. D’autant plus que l’institut publie un nouvel inventaire des polluants.
Le patron de l’association agréée par le ministère en charge de l’Environnement a livré plusieurs informations notables. La première est que, d’après ses calculs, 97% de la population régionale respire un oxygène trop dégradé. Une statistique obtenue en prenant compte des seuils de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) validés en 2021.
Attention aux particules ultrafines
Un point à considérer, car comme l’explique l’expert, la ligne directrice de l’OMS est aujourd’hui beaucoup plus stricte. Le constat est sans appel selon les exigences sanitaires, démontrant que le travail à réaliser dans ce domaine reste colossal. Avec les futures normes européennes de 2030, « 12%» des résidents du Sud-Est seraient « surexposés ».
Lesquels seraient concentrés dans les grands centres urbains. Une pollution notamment consécutive à la diffusion des particules ultrafines, un atome « issu des combustions » et extrêmement dangereux. En effet, sa taille peut lui permettre de « potentiellement entrer dans la circulation sanguine ou de traverser les muqueuses », détaille Dominique Robin.
Les transports et le chauffage comme causes principales
Qui sont les responsables de cette propagation ? Le rapport identifie clairement les transports au sens large (routier, maritime et aérien) comme facteur numéro un. Mais le chauffage au bois est un « autre sujet qui monte » d’après l’enquête.
Les conclusions rejoignent une étude que nous vous partagions le 6 novembre dernier. Dans celle-ci, on apprenait que deux comportements influencent essentiellement l’empreinte carbone des Français : le chauffage domestique et la fréquence des voyages en avion (d’où l’impopularité de l’extension d’un terminal à Nice).
Du mieux à Nice ?
Sur un plan local, Maïthé Rosier était l’invité de Nice-Presse en mai 2025. La chargée d’action territoriale dans les Alpes-Maritimes pour AtmoSud nous confiait que les analyses montraient « une amélioration nette sur les cinq à dix dernières années. »
Elle ajoutait : « On le voit à l’échelle régionale, mais aussi à Nice en particulier. Le gros point noir de la pollution urbaine, c’est le transport routier. Et il y a eu beaucoup d’efforts : les véhicules ont évolué, la part de l’électrique a augmenté, le parc est moins polluant. »
La spécialiste note que « les cités rurales » s’en tirent le mieux. Des ajustements positifs qui proviennent « des règlementations, surtout sur les véhicules et les systèmes de chauffage. » Dans la Baie des Anges, « des actions locales ont aussi eu un vrai impact : réduction de voies de circulation, végétalisation, création de pistes cyclables, renouvellement des bus », énumère-t-elle.
Comment faire mieux ?
Néanmoins, la bataille n’est pas gagnée pour autant, comme on le voit avec les données évoquées plus haut, entre autres sur le littoral et dans les villes. Malgré les améliorations, des solutions peuvent être trouvées pour aller encore plus loin. Pour Dominique Robin, elles passent par des « améliorations technologiques » et la « décarbonation ». Il réclame avant tout un changement de philosophie dans l’aménagement du territoire, prenant comme exemple vertueux le train Aix-Marseille.
Il conviendrait ainsi de repenser l’aménagement de nos communes, tout en faisant évoluer nos « pratiques » et « modes de consommation », afin de poursuivre sur la bonne dynamique enclenchée.






