À l’ombre des bateaux alignés, le port de Saint-Laurent-du-Var se prépare à tourner une page de son histoire. D’ici à janvier 2026, l’actuelle concession arrivera à son terme. Depuis cinquante ans, le Yacht Club en assurait la gestion. Mais à partir du 1er janvier 2026, un nouvel exploitant reprendra la main pour vingt ans, avec un chantier de modernisation estimé à 34 millions d’euros.
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L’association des commerçants Port 17 entend bien jouer son rôle. « Notre mission, c’est de défendre les établissements installés ici, mais aussi de promouvoir le port, de le faire vivre » résume son président, Jean-François Viale.
Relancée il y a quelques années après une série de contentieux liés aux terrasses, elle regroupe aujourd’hui entre 25 et 30 enseignes, « essentiellement des restaurants, mais aussi des acteurs nautiques qui participent à nos réunions et partagent la vie du site. »

Site stratégique en pleine mutation
Le projet porté par la Métropole et surtout son futur concessionnaire, la CCI Côte d’Azur, est ambitieux : requalification complète des cheminements piétons et de la voirie devant les commerces, création de deux parkings offrant 71 places, suppression de la station-service au profit d’un yacht club rénové et installation d’une maison des associations.
Sur le plan d’eau, plus de 1000 anneaux doivent être mieux répartis, avec un accueil renforcé pour les grandes unités. « On espère que ce sera le vrai coup de modernisation attendu. Mais pour que ça marche, il faut écouter aussi ceux qui vivent le port au quotidien » insiste Jean-François Viale.
Les demandes des commerçants ?
Le port a retrouvé une certaine qualité depuis la fin des années d’anarchie - voitures garées en double file, accès libre aux quais - mais il reste des points noirs. Les barrières d’accès, souvent en panne, créeraient des files interminables à la sortie du midi.
Le parking situé devant certains établissements est régulièrement inondé à chaque pluie. Les locaux poubelles, pourtant dissimulés derrière des murs végétalisés, laissent passer des odeurs persistantes.
« Il y a beaucoup de petites choses à régler. Rien de spectaculaire, mais bout à bout, ça pèse lourd sur l’attractivité et la fidélité de la clientèle » résume le président de Port 17. Dans les cuisines, les pros se plaignent aussi des galeries techniques obsolètes : les engorgements des réseaux d’évacuation provoquent parfois des remontées jusque dans les salles.
Piétonnisation ?
Autre sujet sensible : les clôtures qui isolent les quais. Installées pour sécuriser les plaisanciers, elles auraient coupé le contact visuel avec les bateaux, une partie du charme d’autrefois.

« Si demain on enlève ces barrières, ce sera un gros plus pour l’ambiance. Mais il faut trouver un système qui protège quand même les pontons » note Jean-François Viale. Des solutions techniques existent, comme des portillons en bout de quais, mais elles impliqueraient la perte de quelques places à flot.
La piétonnisation totale du port a également été évoquée. Elle séduirait pour l’été, avec des terrasses élargies et des balades familiales, mais poserait problème pour l’accès, notamment pour déposer des personnes âgées ou accéder rapidement aux commerces. Là encore, Port 17 plaide pour une solution hybride et pragmatique.
Fréquentation contrastée
Les soirées d’été remplissent encore les terrasses, le midi reste un point faible. « Avec le béton, la chaleur est étouffante. Les clients préfèrent aller vers les plages ou en montagne. Ce n’est pas nouveau, ça n’a jamais été le point fort du port » reconnaît Jean-François Viale.
L’arrivée prévue de nouveaux accès routiers, avec des bretelles plus directes depuis Nice et le quartier des Flots Bleus, devrait toutefois améliorer la fréquentation.
En matière d’offre, le président de Port 17 insiste. « Aujourd’hui, on a de la qualité. Il n’y a pas de restaurant « piège à touristes ». Les enseignes travaillent sérieusement et ça tire l’image vers le haut. »
Tenir pendant les travaux
Reste un sujet central : comment les commerces tiendront-ils pendant les travaux ? L’association demande un cadre clair d’indemnisation.
« Quand on casse devant chez vous, que le trottoir est éventré et que la poussière empêche les clients de venir, il faut une compensation. Charges, salaires, pertes d’exploitation… On ne peut pas faire comme si de rien n’était » avertit Jean-François Viale.
Plusieurs pistes existent, comme l’étalement ou la réduction temporaire des redevances. « On ne demande pas des cadeaux, on demande de la cohérence. Si on veut que les restaurants soient encore là pour la réouverture, il faut les aider à passer le cap. »
Au-delà des revendications, l’association entend continuer à animer le site. Port 17 organise régulièrement des événements festifs, soutient la mise en valeur des enseignes et veut accompagner la montée en gamme du port. « On sait que le projet va transformer l’aspect du site. Nous, on veut que cela se fasse avec les commerçants. Pas contre eux. »




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